Devant l'attitude des élus et des gestionnaires qui ne manifestent que peu d'intérêt pour la nature, -le végétal, les forêts, les friches, les parcs-, et n'ont de cesse de la sacrifier sur l'autel d'une croissance qui ne semble plus avoir de sens aujourd'hui, certains chercheurs proposent un statut juridique permettant une protection efficace du végétal.....

Qu'attend-on pour protéger l'environnement, les espaces verts, les arbres, les rivières, les zones humides, le végétal, dans son ensemble ?

Une juriste Valérie Cabanes, spécialisée dans le droit international humanitaire et les droits humains, milite pour donner un statut juridique aux éléments naturels : végétaux, forêts, et les «communs planétaires» : l’espace, l’atmosphère terrestre, les fonds marins, l’Antarctique…
Valérie Cabanes veut changer leur statut de l'environnement et le faire respecter au même titre qu'un être vivant. Elle va jusqu'à parler d'ÉCOCIDE devant l'attitude des humains qui n'ont aucun frein pour détruire la nature.

Nous les citoyen-nes ne le savons que trop bien, sous nos yeux, à notre porte, les prédateurs, les bétonneurs, utilisent la moindre friche pour construire, tout y passe, les zones Natura 2000, les parcs, les forêts, les zones humides, les terres agricoles.
Ils oublient que cette terre, si méprisée par eux, nous a tout apporté : les légumes pour nous nourrir, les plantes pour nous soigner, les paysages pour leur beauté, la forêt, la fraîcheur apportée par les espaces verts et arborés.
Mais il ne semble pas que cela ait quelque importance aux yeux de ceux qui nous gouvernent.
L'environnement ne fait pas partie de leurs soucis. Pour eux cette donnée est mineure et ne mérite pas grand intérêt. Leur perspective ? La consommation à outrance, persuadés que le bon peuple sera là pour remplir leur escarcelles de bon argent, en consommant toujours plus. L'argent maître mot de notre société ! Et la terre, donnée à exploiter de façon illimitée.

Il nous semble alors que ces chercheurs, juristes, qui donnent un droit juridique à l'environnement œuvrent dans le bon sens. Nous les approuvons et demandons à ce que les éléments de la nature aient une reconnaissance juridique.
La première étape consiste à décerner le statut de Communs aux espaces verts, de façon à ce qu'ils n'appartiennent plus à ceux qui gouvernent, mais bien aux citoyens-nes; et que celles et ceux-ci en acceptent la responsabilité et la gestion solidaire. Ils apprendraient ainsi à prendre soin de cette terre qui nous fait vivre et constitue l'héritage transmis à nos descendants.

Une Coordination de protection des espaces verts s'est constituée en IDF pour allier les forces des associations et des collectifs, -la CEVE-, afin de protéger tous les espaces verts. https://sites.google.com/view/ceve-ile-de-france/

Suivant les avancées de la science, une sensibilité s'est développée concernant le monde animal, la souffrance que ressentent les animaux lors de leur mise à mort. Par ailleurs, une attention significative est portée par les scientifiques et des associations citoyennes sur la disparition des espèces animales.

Nous assistons actuellement au développement de la sensibilité devant la souffrance de la nature qui touche directement tous les êtres vivants : insectes, animaux et humains. Il est grand temps de pouvoir protéger cette nature, et la meilleure manière est de la considérer comme une personnalité juridique.

Certaines avancées sont significatives dans ce domaine et nous pouvons en donner des exemples :
Le fleuve Whanganui, en Nouvelle-Zélande a désormais les mêmes droits qu’une personne. Le combat du peuple des maoris durant de longues années à son sujet a fini par aboutir à cette protection. Le Parlement a accordé une personnalité juridique à ce fleuve qui coule sur 290 kilomètres dans l’île du Nord.
En Inde également, deux fleuves sacrés du nord de ce pays, le Gange et la Yamuna, ont été reconnus comme personnalités juridiques par la justice, une décision pour combattre plus efficacement la pollution de ces cours d'eau.
En 2008, l’Equateur a ouvert la voie en reconnaissant les droits de la nature dans sa constitution. Puis, en 2009, la Bolivie a voté une loi sur les droits de la Terre-mère. Et la ville de Mexico vient à son tour de reconnaître les droits de la nature dans sa législation locale.
http://www.telerama.fr/idees/le-droit-est-un-outil-pour-reconnaitre-une-personnalite-juridique-a-des-ecosystemes,155816.php

Saluons ces chercheur-ses qui comme Valérie Cabanes entendent criminaliser les dommages graves et durables commis à l’encontre des écosystèmes dont dépend la vie de populations entières, ou de sous-groupes comme les Indiens des forêts brésiliennes. Mais aussi contre ce que nous appelons les «communs planétaires» : l’espace, l’atmosphère terrestre, les fonds marins, l’Antarctique… "
Elle cite le cas de l'Erika, pétrolier affrété par Total qui a fait naufrage au large de la Bretagne en 1999. Pour la première fois, un juge a reconnu un préjudice à un écosystème qui n’avait pas de valeur économique en tant que tel, et au final, Total a été condamné à 13 millions d’euros de dommages et intérêts pour préjudice écologique…

Un autre juriste Christopher Stone dans un livre fondamental : "Les arbres doivent-ils pouvoir plaider ?" pose la question du droit des végétaux. Depuis cette date, on assiste à une montée en puissance des droits de la nature.

Qu'attendons-nous dans nos pays européens pour reconnaître un droit juridique à l'environnement  et pouvoir de cette façon le défendre efficacement contre celles, ceux, qui ne le respectent pas ?

Ginette Le Maître et Jeanne Studer

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