La violence est un phénomène qui s'amplifie dans nos sociétés soi-disant civilisées. On espère l'éradiquer, en augmentant le nombre de policiers, de vidéo surveillance, en renforçant les grilles et portes d'entrée par divers contrôles : codes, pass, etc... Avons-nous une réflexion au sujet de cette violence dont le phénomène est fréquemment évoqué dans nos villes, et plus encore dans les banlieues ? De quels moyens disposons-nous dans nos pays pour faire face à cette violence ?

La police ? Les armes ? Répondre à la violence par une autre violence en espérant que ceux qui sont du côté de la loi seront les plus forts ? L'escalade est sans fin. On renforce le nombre des policiers, on y ajoute la vidéo surveillance, tous ces moyens construisent une société divisée, séparée... On augmente la peur de tous !
On va jusqu'à enlever les bancs dans la ville, car les pauvres y trouvent refuge, et on ne veut pas des pauvres...

N'avons-nous pas d'autres moyens pour éradiquer cette violence ? Quand essayerons-nous d'imaginer que des personnes qui peuvent se parler et échanger, constitue un moyen qui apporte de la sérénité et un bien vivre ensemble, plutôt que le repli sur soi et la peur, et que des relations tournées vers l'accueil de l'Autre, constituent le début d'un climat serein, sans agressivité.

Mon attention a été attirée par deux initiatives allant dans ce sens qui m'ont paru tout à fait remarquables.
La première :

Les écoles de la paix d'Altinopolis, au Brésil

Ceci se passe dans une petite ville de 15 000 habitants : Altinopolis, où la violence urbaine est en voie de disparition. Le maire de la ville, Marco Ernani, a concentré son actions sur l'éducation en se basant sur les quatre piliers recommandés par l'Unesco : apprendre à apprendre, apprendre à comprendre, apprendre à être et apprendre à vivre avec les autres.
Dans cette ville, les 3000 écoliers des onze écoles communales commencent leur journée de cours par une demi-heure de taïchi et un petit déjeuner gratuit. « Les professeurs se plaignaient de leur excitation en début de cours. Cela a beaucoup changé » explique Marco Ernani. Les professeurs eux, doivent arriver une demi-heure avant la classe, pour préparer l'accueil des élèves et leur offrir un espace de parole libre. Ils veillent ainsi « au bien-être de chaque élève ». Selon Antonella Verdiani, docteur en science de l'éducation (1), la « vision fondatrice » de ces écoles consiste à « éduquer les enfants aux valeurs inséparables que sont le bonheur et la paix » Chaque élève devient un « ambassadeur de la paix » et a la responsabilité de gérer les conflits desquels il est témoin.

DANSE, MUSIQUE ET JARDINAGE

Les après-midi sont pour leur part consacrées à diverses activités scolaires dans les « ateliers éducatifs ». Les jeunes s'y retrouvent pour pratiquer de la danse, de la musique, du jardinage... « C'est une éducation qui se fonde sur la liberté, la créativité et l'inclusion des différences culturelles, religieuses, sociales, physiques » analyse Antonella Verdiani. Et ça marche : « Sur les deux hectares de Santa Cruz, les jeunes sont chez eux comme en autogestion : ce sont eux qui prennent soin des jardins et des parterres, des allées de flamboyants et de palmiers », rapporte une journaliste. Les statistiques, elles, sont à peine croyables : la petite délinquance aurait chuté de 90% à Altinopolis depuis la mise en place de ces « écoles de la paix ». «Désormais les seuls problèmes auxquels nous devons faire face, sont les cas de violence entre les conjoints ou ceux qui sont dus à l'alcoolisme », explique le commissaire de police. Ses hommes travaillent désormais sans pistolet à la ceinture : l'éducation est une arme bien plus redoutable contre la violence.

Article paru dans « L'Âge de Faire » novembre 2013.          http://www.lagedefaire-lejournal.fr/(1) Avec « Ces Écoles qui rendent nos enfants heureux » Livre de Antonella Verdiani. Actes Sud 2012

La deuxième :

Hand in Hand – La Main dans la Main.

Éducation multiculturelle et bilingue pour élèves arabes et juifs en Israël

Une autre expérience tout à fait remarquable par son côté éducatif en direction de la paix, est celle du projet lancé par deux amis en 1998, un enseignant arabe et un travailleur social juif. Il s'agit d'un modèle révolutionnaire dans l'éducation israélienne : chaque classe accueille en nombre égal des élèves juifs et des élèves arabes. Deux professeurs de chaque nationalité enseignent leur langue : l'arabe et l'hébreu, ce qui fait que les enfants apprennent non seulement les deux langues, mais aussi à se connaître et à nouer des liens d'amitié. La formule, très simple, s'est avérée très réussie. Elle a été reconnue officiellement par le Ministère israélien de l'éducation. En six ans le nombre d'élèves est passé de 40 à 700 et trois écoles ont été créées. C'est également comme dans les écoles d'Altinopolis au Brésil, une initiative remarquable qu'il faut saluer à sa juste valeur. Les deux pays, Israël et la Palestine, sont en guerre depuis toujours, mais certains de leurs compatriotes essayent de semer les graines de la réconciliation et de la paix. Pour cela, ils s'adressent aux enfants et à l'éducation.

Conclusion :

Que pourrions-nous dire de plus face à ces deux exemples ? Cultiver la paix dans le cœur des enfants qui sont de futurs hommes, faire se développer les graines de l'amour et de la réconciliation, qui rendront les êtres humains plus aptes à cultiver d'autres valeurs dont le respect et l'amitié envers leurs concitoyens, alors que la violence, qu'elle soit policière ou guerrière induit une spirale infernale ne pouvant engendrer que d'autres réactions de violence sans fin. Les enfants qui reçoivent cette éducation, apprennent à porter la paix au fond d'eux-mêmes. Ils seront certes mieux armés pour affronter la société, avec un regard d'amour et de paix. Saluons toutes ces initiatives qui supposent un vrai courage chez ceux qui les ont réalisées, un vrai courage qui a banni la peur de leur âme, et qui ont, par ce courage, permis à des enfants de connaître des relations heureuses et paisibles avec leurs frères.

Jeanne Studer

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Commentaires  

0 #1 Sylvie 10-11-2013 12:48
Merci pour cet article.
Ça fait plaisir de voir des exemples qui marchent. Du coup, on peut imaginer s'inspirer de l'exemple brésilien chez nous.
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