En janvier 1939 la chute de Barcelone déclenchait l’exode de 450.000 Espagnols. La Retirada se fit pour un bon nombre  dans des conditions dantesques : le froid, la neige, les bombardements et les mitraillages des fugitifs par l’aviation franquiste et, même, quelques suicides. Le 29 mars à Alicante 15.000 personnes (des militaires, des politiciens, des combattants et leurs familles) n’eurent pas la chance d’embarquer pour rejoindre Alger ou Oran. L’accueil officiel en France ce furent les camps de

concentration d’Agde,  Argelès-sur-Mer (tristes plages d’exil), Barcarès, Bram, Collioure, Gurs, Rivesaltes, Saint-Cyprien, Septfonds et Le Vernet. Et en Afrique du Nord  les camps de Bizerte, Boghari-Bogar, Bouârfa, Casablanca, Colomb-Béchar et Djelfa. Heureusement, pour contrecarrer l’incurie et la malveillance du gouvernement français, une partie de la population -le peuple et les gens de bien qui n’avaient pas peur du Rouge et du Frente Crapular- surent faire honneur à la tradition humaniste de la France.
Loin de l’effroyable contexte politique européen, Lázaro Cárdenas, le président du Mexique de l’époque, accorda ipso facto la naturalisation à 30.000 Espagnols. Et le Chili du président Pedro Aguirre  sut recevoir, malgré l’hostilité d’une partie de l’opinion publique, les 1.300 réfugiés du Winnipeg qui débarquèrent à Valparaíso.
Et maintenant...
Bien évidemment Mariano Rajoy, le premier ministre espagnol, et les autres membres du gouvernement n'ont pas la mémoire historique des exils politiques ou économiques. Le bouillon d'in/culture franquiste est passé par là. C'est pourquoi ils pinaillent à propos de Syriens. Tête de pont islamiste fantasmée? Par crainte ou calcul ils ne veulent donc que 1.600 réfugiés, alors qu’il y aurait 6.000 candidats à avoir exprimé leur désir de s’installer en Espagne. Rien d’étonnant à ce lamentable spectacle du pouvoir en place quand on sait qui est le ministre de l’Intérieur de nos amis du sud : Jorge Fernández Díaz (1950-), membre de l’Opus Dei, « caballero Gran Cruz  Sacra de la Orden Militar Constantiniana de San Jorge », franquiste pur et dur qui aime méditer -exercices spirituels ?- dans la basilique du Valle de los Caídos. Tout un symbole !     
Ce rappel historique vaut surtout pour l’Espagne et les Espagnols. Quoique… Nous aussi, me semble-t-il, pouvons tirer quelques leçons. Ou bien : préférons-nous attendre les bonnes paroles de Manuel Valls le Catalan qui, sans aucun doute, connait les faits ci-dessus mentionnés? 

                                                        Miguel Peciña  Montreuil le 5 septembre 2015

Photo de Robert Capa, Argelès-sur-Mer 1939

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