Le personnel du Méliès a appris ce soir que le cinéma va être précipitamment transféré à Est Ensemble dès cette semaine, sans aucune préparation, sans concertation, sans projet. L'équipe du cinéma ne sait même pas si les emplois seront conservés.

Pourquoi cette précipitation ? On connait la rage de Dominique Voynet de détruire ce cinéma et l'acharnement qu'elle y met, mais on ne sait pas pourquoi. Certains affirment que c'est pour le vendre au privé, suite à un accord secret conclu avec MK2 ou UGC au début de son mandat de maire. Ce transfert à Est Ensemble serait dont un moyen de tenir sa promesse, l'air de ne pas y toucher, en laissant l'intercommunalité faire le mauvais coup à sa place.

Mais entre temps, Est Ensemble est "mort". La loi sur la Métropole du Grand Paris a été votée le jeudi 12 décembre. Cette loi stipule que les intercommunalités (donc Est Ensemble) disparaissent au profit d'une seule mega-intercommunalité couvrant Paris et la petite couronne, c'est à dire les trois départements 92, 93 et 94. Les conséquences de cette loi, votée notamment par Razzy Hammadi, sont nombreuses pour notre ville : ce qui était géré autrefois au niveau local, comme l'urbanisme, sera désormais géré au niveau de la métropole - pour une loi dite de "décentralisation" c'est un comble ! Les services publics qui ont été transférés de la ville à Est Ensemble sont concernés : que va-t-il en advenir ? Peu de réponses à ce sujet, mais beaucoup d'inquiétude. Selon la loi, le Grand Paris a jusqu'au 1er janvier 2016 pour fixer ses modalités de gouvernance.

On peut noter que les questions de démocratie semblent être le dernier des soucis de nos députés, vu qu'ils ont voté cette loi malgré l'opposition farouche de la moitié des élus locaux (de tout bord, y compris des socialistes) et sans aucune concertation préalable avec les habitants ! Les élus, qui ont créé les intercommunalités, défendaient l'idée d'une « coopérative d'intercommunalités ». A la place, la loi prévoit que les intercommunalités deviennent des « conseils de territoire » agissant par délégation de la Métropole du Grand Paris.

En conclusion, si on veut garder un droit de regard sur le cinéma, notre cinéma, la seule chose à faire est de le conserver dans le giron municipal. L'envoyer à Est Ensemble, c'est le dissoudre dans la grande nébuleuse de la Métropole du Grand Paris, sans aucune garantie démocratique. Avec la nouvelle loi, Est Ensemble va devenir un simple « conseils de territoire » sans autonomie financière, totalement assujetti aux décisions prises au niveau central. Vous avez entendu "décentralisation" ?

Pour nous, qui sommes attachés à ce cinéma si particulier, une seule solution : s'opposer à tout transfert à Est Ensemble, au moins avant les élections municipales en mars 2014. Il sera alors temps de définir un vrai projet et d'étudier de façon apaisée comment remettre le cinéma sur les bons rails, qu'il n'aurait jamais du quitter.

Sylvie

скачать бесплатно игры на планшет андроид 4.0app developmentразместить объявление на авито24option downescort serviceСкачать Artmoney Pro

Commentaires  

0 #13 Françoois Fatoux 28-01-2014 12:53
Etienne, l'affaire est compliquée parce qu'à un conflit du travail comme beaucoup d'autres, s'ajoutent des enjeux politiques, de vieilles rancoeurs. Si la rédaction de ce site me le permet, je reprendrai l'historique. Je ne me fous pas du rapport des Finances Publiques comme d'aucun autre. J'ai examiné de près le premier, celui de l'Administration communale : il est ubuesque. Celui des Finances Publiques ne pouvait que constater les anomalies comptables (les termes que vous employez sont les commentaires d'élus de la majorité, pas ceux du rapport). L'enquêteur des FP n'avait ni les moyens, ni vocation à évaluer le préjudice.
J'ai été pendant 30 ans un professionnel du contrôle des comptabilités. Je sais bien que des comptabilités régulières cachent parfois d'énormes escroqueries et que des comptabilités irrégulières sont très souvent le fait de négligences derrière lesquelles aucun détournement n'est commis. Mais il y a deux points essentiels qui n'ont pas été débattus publiquement ; 1) en démocratie, il appartient à la victime de prouver le montant du préjudice, ce n'est toujours pas fait, les 143 000 euros, c'est au mieux une mauvaise plaisanterie. 2) si des fautes ont été commises, il serait bien que les principaux responsables soient sanctionnés. Or, à ce jour, Goudet était directeur artistique et les autres employés sanctionnés de simples exécutants tandis qu'il existe une direction générale qui avait l'obligation de s'assurer que tout était correct, un contrôleur de gestion qui avait déjà examiné la comptabilité, le CNC qui était déjà passé ... eux ne seraient responsables de rien alors qu'ils n'avaient rien relevé ? Depuis 9 ans, ces agents de commandement et de contrôle ont fait correctement leur boulot, peut-être ? Il existe une situation cohérente : ils ont bien fait leur boulot et les exécutants les ont bernés. Les sanctions sont alors bien douces ! Les griefs autres à l'encontre de Brard et Voynet ne font que polluer cette indispensable discussion.
Citer
0 #12 Jeanne 27-01-2014 15:17
En effet, vous n'avez pas suivi l'affaire de près, mais comme beaucoup de montreuillois malheureusement, car il a été démontré que ce détournement de fond de 143 000 euros était mensonger et diffamatoire, d'ailleurs le CNC a conclu « rien à signaler et aucune poursuite ».
Il est possible de consulter ce rapport :
http://lemeliesenlutte.canalblog.com/archives/2013/06/index.html
Le double billetterie a été reconnue mais faisant partie de certaines pratiques admises dans des cinémas autres que celui de Montreuil, car concernant les films sans visa.
Ce qui est d'ailleurs assez étrange, est que l'élu à la culture lui-même, faisant partie de l'équipe municipale actuelle, a participé à la mise en place de cette comptabilité en 2001, mais il ne lui a rien été reproché : plus que bizarre et injuste.
Dans un commentaire, il semble difficile d'expliquer la façon dont ce chiffre de 143 000 euros a été falsifié, car c'est un peu long, mais vous pouvez vous adresser au C-Ism : http://lemeliesenlutte.canalblog.com/ pour avoir des renseignements complémentaires
Citer
0 #11 François Fatoux 27-01-2014 10:06
Il est utile d'analyser le passé pour comprendre le présent. Merci au Loup des steppes comme à Petitjean de nous le rappeler. Goudet devait-il prendre la place de celle qui avait été virée, Petitjean devait-il accepter d'être le maire-adjoint du déjà-très-stalinien-Brard en 1995, Voynet devait-elle avec quelques autres décapiter le mouvement écologiste naissant en créant en 1984 un parti politique "à thèmes" ? Que des bonnes questions mais qui ne nous interdisent pas de prendre parti sur le bien-fondé d'avoir non seulement viré Goudet mais aussi sanctionné des agents qui n'avaient fait qu'obéir aux ordres. Un an plus tard, que reste-t-il des accusations de détournements de fonds publics ? Pourquoi le CNC n'a pas jugé utile après son enquête, de demander la restitution d'un seul centime d'euro ? Pourquoi les vrais responsables qui ont laissé perdurer pendant des années des approximations comptables n'ont pas été inquiétés ? Voilà de bonnes questions qu'il ne faudra pas cesser de poser. Sans se laisser embarquer dans des discussions sans grand intérêt sur les manipulations politiciennes de l'ancien maire comme sur les supposées tractations secrètes de celle qui lui a succédé. Nous ne sommes pas tous des marionnettes de l'un ou de l'autre. L'honneur de plusieurs agents a été gravement sali. En démocratie, la charge de la preuve appartient à l'accusation. Depuis plus d'un an, aucune des questions que j'ai posées à la maire n'a reçu de réponse. La sanction politique de son comportement est déjà tombée ; D.Voynet part avant le jugement des électeurs. La sanction financière sera pour nous, Montreuillois, qui paierons les indemnités que fixera la Justice.
Citer
0 #10 Etienne 27-01-2014 10:05
François, j'ai peut-être raté des épisodes, mais, il me semble que les accusations de D. Voynet ont été confirmé par le rapport de la direction départementale des finances d'il y a un an. Non ? On y lit "Les constats de la ville de Montreuil sont confirmés et amplifiées". Et ce rapport estime le préjudice financier à 143.000 euros au minimum. Le CNC peut s'en foutre, mais nous ?
Citer
0 #9 Sylvie 26-01-2014 13:59
Sans chercher à comprendre la psychologie des uns et des autres pour expliquer des comportements incompréhensibles, on pourrait tout simplement essayer de rendre au Méliès son équipe et sa programmation. C'est ça qui a assuré son excellence et c'est à ça que le public est toujours très attaché, même si pour l'instant, tout ceci est mis en parenthèse.
Citer
0 #8 Jeanne 25-01-2014 16:15
DIre que c'est J.P.Brard qui maintient l'affaire du Méliès sur le feu, est très réducteur. Que l'ancien maire fasse feu de tout bois pour rabaisser sa rivale, certes, mais il ne faut pas oublier les spectateurs montreuillois qui participent à cette lutte pour leur cinéma, et qui ont perdu un cinéma d'excellence, un cinéma de grande qualité que beaucoup nous enviaient.
Le Collectif (C-Ism) qui s'est formé depuis le début de cette histoire -n'est pas le pantin de Brard-, ainsi que l'association Renc'Art au Méliès oeuvrent de concert afin de retrouver ce cinéma de qualité dont la fréquentation actuelle en baisse considérable, montre bien que l'action de la municipalité actuelle, n'a pas été une réussite, loin de là, et qu'elle s'est même tirée une balle dans le pied en démantelant une si belle équipe.
Citer
0 #7 Le loup des steppes 24-01-2014 16:44
On peut être nuancé sur l'action de Dominique Voynet, mais quant à l'accuser de "rage" envers le Méliès, il y a un pas... qui amène à se demander qui est enragé. En revanche, ceux qui n'ont pas la mémoire courte se souviennent de la façon dont l'inqualifiable Jean-Pierre Brard a traîné dans la boue la précédente équipe du Méliès avant de la licencier. M. Goudet, à l'époque, n'a pas trouvé gênant de venir prendre une place de direction qui lui était offerte de façon si élégante.
Il devient de plus en plus évident que cette affaire du Méliès est maintenue sur le feu par l'ancien maire-apparatchik Jean-Pierre Brard : la brochure qui relate cette histoire et qui a beaucoup circulé à Montreuil contient tellement de calomnies et de contre-vérités qu'elle a été visiblement rédigée par lui du début à la fin. La Pravda a fait des petits....
Citer
0 #6 Sylvie 22-01-2014 20:11
Merci Patrick pour cet éclairage, mais la question de fond subsiste : quelles étaient les contreparties qui ont aboutit au retrait de la plainte ?
Peut-on savoir aussi qui était présent à cette réunion et si elle a donné lieu à un compte-rendu - dans la mesure où il s'agissait d'une rencontre officielle ?
Merci par avance,
Sylvie
Citer
0 #5 patrick Petitjean 22-01-2014 13:53
La rumeur n'est pas apparue spontanément. C'est une accusation explicitement formulée lors d'un conseil municipal en 2009 ou 2010 par Jean-Pierre Brard, lorsque justement Dominique Voynet a annoncé au Conseil municipal le retrait de la plainte. La rencontre n'était pas privée, mais officielle. A moins que l'on considère que de ne pas avoir invité l'ex-maire ou Stéphane Goudet à l'accompagner ne reflète la volonté de cacher quelque chose : mais c'est juste un fonctionnement normal. Je reviendrai d'ici quelques jours sur cet épisode sur Place de Montreuil.
Citer
0 #4 Sylvie 08-01-2014 11:13
A l'époque, les cinémas MK2 et UGC avaient lancé contre le Méliès une procédure judiciaire pour concurrence déloyale. Mme Voynet les a rencontrés, en privé, ce qui est inhabituel, et n'a jamais accepté d'informer le conseil municipal de la teneur de cette rencontre. Un peu plus tard, la plainte a été retirée. C'est cela qui a créé la rumeur d'un accord secret.

Les faits récents - renvoi du programmateur, dispersion de l'équipe - s'éclairent alors comme une démarche programmée d’affaiblissement du cinéma, en banalisant la programmation, menant à une forte baisse de fréquentation et éventuellement au retrait des labels…

Sinon, il faudrait trouver une autre raison à l’acharnement de Mme Voynet contre le programmateur et le cinéma. Peut-être son caractère excessivement autoritaire, ne supportant pas les fortes personnalités ?

Ce ne serait ni le premier ni le seul ratage de Mme Voynet, dont beaucoup de décisions sont difficilement explicables.
Citer

Ajouter un Commentaire

Consulter les CGU de ce site pour connaitre les règles d'utilisation des commentaires d'articles : Nos CGU


Code de sécurité
Rafraîchir