Précisons d'emblée que la densification dont il s'agit est l'augmentation de la densité du bâti, toutes activités confondues (habitat, activités humaines, etc...) vécue et ressentie par les habitants.

Il ne s'agit pas d'un article supplémentaire sur ce sujet revisité maintes fois, mais de s'interroger sur les raisons invoquées par les "décideurs" au pouvoir et voir si les résultats sont susceptibles d'apporter des réponses satisfaisantes aux problèmes posés, bien réels eux.

Ces questions concernent Montreuil mais pas seulement. J'habite le Bas-Montreuil qui, après avoir connu la construction massive de bureaux - sans aucune vie la nuit et les week-ends - va accueillir plusieurs milliers d'habitants en quelques années. Quelle perception du quartier ces nouveaux habitants vont-ils avoir et comment va se vivre ce changement brutal (circulation, convivialité...) ?

Toutes ces problématiques intéressent d'abord les questions humaines et sociétales, l'urbanisme, l'écologie et le développement durable et, in fine, l'aménagement du territoire, donc la géographie urbaine, parce qu'une ville n'est pas isolée du reste du territoire et du monde ! Les raisons invoquées pour densifier encore un peu plus des territoires déjà denses apparaissent incontestables, notamment la première d'entre elles : il faut loger les personnes, prioritairement les non ou mal logées. Ensuite, pour limiter l'usage de l'automobile et la pollution et désagréments qui vont avec, il faut habiter près des transports - saturés à l'heure actuelle - et, enfin, préserver les terres agricoles et donc en finir avec l'étalement urbain. Que n'a-t-on prévu tout cela pour urbaniser harmonieusement et en prenant le temps l'ensemble du territoire ! N'est-ce pas pour prévoir le long terme que nous avons des élus ?

Il faut toujours se méfier des réponses simples, évidentes -personne ne va dire le contraire- à des questions fort complexes, aux enjeux "forts", et dont les solutions se pensent en fonction de l'histoire de nos villes, du bâti existant, du climat, de la géographie, etc... La "vérité" n'existe pas ! Les choix sont (trop) souvent politiques, peu ou mal pensés mais, en revanche, ce qui est fait l'est pour longtemps et pèsera ou non. Et on peut densifier de différentes manières en modifiant l'emprise au sol. Des villes ou des quartiers très denses ne sont pas "écrasants" pour les habitants, là aussi où les activités se mêlent aux logements.

Est-il raisonnable de modifier dans un temps court et, apparemment sans réflexion d'ensemble, un tissu urbain façonné depuis des années, des siècles dans certains cas ? Les nouveaux logements construits sont-il accessibles à la population qui en a réellement besoin ? Là rien n'est moins sûr. Et la spéculation sur des appartements à peine achevés est déjà à l'œuvre...

A-t-on mis suffisamment en cohérence les nouveaux bâtiments entre eux et avec l'existant ? Les services publics indispensables (écoles, crèches, maisons de quartiers, lieux d'accueil et de culture) sont-ils imaginés concomitamment ?

Choisir de vendre les terrains libres (nombreuses friches dans le Bas-Montreuil) aux grands promoteurs (bétonneurs) plutôt qu'à des constructeurs plus modestes, mais peut-être plus proches de la population et surtout ne pas offrir, en nombre, d'autres formes d'habitat (groupé, participatif, des coopératives...) en le proposant au préalable aux habitants. L'offre existe à Montreuil, mais elle reste marginale et ne répond pas à une demande bien réelle.

La place du végétal est importante, notamment l'été, pour apaiser et diminuer les effets de la chaleur. Quid des murs, toits-jardins, espaces verts et jardins partagés de proximité ? Des lieux de partage de convivialité.

Va-t-on réduire la pollution automobile, un vrai fléau responsable de graves problèmes de santé publique ? Sans une politique volontariste énergique, je me permets d'en douter. Chez certains de nos voisins, en Allemagne, en Suisse, en Italie du nord et centre, pour ce que je connais, dans de nombreuses villes la voiture n'est plus un obstacle au plaisir d'être en ville. Des transports publics fonctionnent très efficacement et les gens n'hésitent pas à utiliser les vélos bien plus qu'ici. (Quand vous vous hébergez comme touriste dans une ville suisse, on vous donne automatiquement une carte de transport pour la durée de votre séjour).

Reste l'immense problème  de l'aménagement du territoire, soit la mise en cohérence des projets locaux ! Je ne suis pas spécialiste, mais j'aime bien me balader et observer. L'étalement urbain n'est pas nouveau mais n'est pas identique selon les territoires : plaines, montagnes, bonne terres agricoles ou aridité, voies de communication ou non, présence de l'eau... Les traces d'habitats anciens disent tout cela parce que ces problèmes étaient vitaux alors et on tenait compte forcément des éléments naturels pour vivre. Dans la Bretagne, celle qui n'a pas subi le remembrement (le sud), l'habitat est dispersé depuis longtemps. Dans les montagnes, la haute-Provence, les gens se regroupent et on peut parcourir des km sans rencontrer de maison. Est-il raisonnable de construire une mégalopole - le grand Paris - alors que des régions se dépeuplent ? Ne faut-il pas repenser la "décentralisation" ? J'ai l'impression qu'on obéit toujours à la logique financière, c'est insupportable de ne pas penser autrement l'avenir !

Densifier les communes de l'agglomération parisienne (pas de plan d'ensemble, c'est selon les choix locaux !) va-t-il sauver les terres agricoles proches alors que dans le cadre du grand Paris on a planifié un gigantesque centre commercial sur des terres actuellement cultivées.

J'espère juste, avec ces quelques remarques, susciter un débat, des témoignages, des questions sur ce qui change et va changer notre vivre ensemble avec lequel nous construisons des solidarités.

Catherine C.

 

 

 

 

 

 

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