Une tentative d’encadrement du temps

Les murs à pêches longent le nord-sud en parallèle depuis quatre siècles sur 600 kilomètres, bien coiffés des tuiles, des coffrages, d’aléas, du travail d’amour.

Ils conservent de la douceur du temps, des graines, des insectes, des nids de toutes sortes, des yeux de poupées, des orties qui piquent et qui font du bien.

Espaliers à la diable, palissage à la loque, des Tétons de Vénus, des Belles impériales, des Grosse mignonnes chouchoutées par la chaleur des murs donnent leur « chair exquises, leurs marbrures carminées » aux amateurs, aux grands-mères en sueur, aux enfants aux genoux esquintés.

Quels secrets soutiennent ces enceintes ? Quelles scènes ont-ils vécues ? De paysans labourant la terre, les amoureux allongeant à l’ombre, les insectes en métamorphose, les germes perçant le sol pour sourire dans le vent ?

Chaque centimètre du mur raconte son histoire singulière, insolite, accidentelle même, comme les rides d’un vieil homme, les tatouages du temps. Les couches de plâtre rappellent des jupons de paysannes, déchirés par les écorcheurs du bois, noués pour tenir la cueillette, salis par la boue du mauvais temps. Les pierres sont les os, les fossiles des mains des maçons cherchant l’équilibre, le doigté, l’éternité sculpturale.

Ces cadres enclosent des tableaux abstraits des saisons, des siècles, de chaleur et de soleil froid, des ombres d’honnêtes hommes cherchant racine et beauté. Comment « restaurer » ces murs ? Il suffit de les écouter et les accompagner dans leur balade immuable.

Stacey

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