Claire Nicolas est travailleuse  sociale. Habitante de Montreuil depuis près de 40 ans elle est présidente de la Maison Ouverte, Elle est militante, engagée dans la défense des droits de l'homme. Elle a été sympathisante des Verts à Montreuil et Conseillère municipale dans leur liste  en 2002

Le Foyer du Centenaire a toute une histoire. Au début il s'appelait le Foyer Léon Gaumont....

Petit historique concernant la destruction du Foyer Léon Gaumont :
Le foyer Léon Gaumont (à la place de la CGT porte de Montreuil), logeant des africains, était en 1972 un des plus insalubres de la région parisienne.  La municipalité communiste de l’époque, avec Marcel Dufriche pour maire, prit la décision de le démolir en 1981, avec la promesse faite aux résidents de reconstruire un nouveau foyer à la place.

En attendant, 200 travailleurs Maliens en majorité,  étaient logés à Montreuil dans des baraquements provisoires installés rue de la Nouvelle France, sur un terrain de l'AFTRP (Agence Foncière et Technique de la Région Parisienne).
Un permis de construire est déposé en 1982 par la municipalité. mais en 1985, le nouveau maire de Montreuil J-P.Brard, revient sur la promesse faite par M. Dufriche. Ce n'est qu'en 1994 qu'il proposera une autre solution de relogement où les africains sont répartis dans des appartements plus petits et dispersés.
Cette solution est refusée par les africains, pas seulement en raison du loyer plus élevé : ils tiennent surtout à préserver leur organisation de groupe solidaire.
"Ceux qui ont un travail versent quelque chose pour ceux qui n'en ont pas, lesquels de leur côté participent à la vie commune.". Or, c'est ce système de cantine et de petits services calqué sur les communautés villageoises traditionnelles qui vole en éclat si la communauté est dispersée en quatre foyers-hôtels.

Suite à ce refus, les baraquements provisoires de la rue Nouvelle France à Montreuil (93) sont détruits le 4 juillet 1996, soi-disant pour raison d'insalubrité. C'est un véritable "happening" car les résidents n'ont pas été prévenus. Le matin, tout est détruit au bulldozer escorté d'une importante force de police, alors qu'un grand nombre des résidents est déjà parti au travail.

Le 7 juillet, les expulsés trouvent refuge à la Bourse du travail, puis à la Maison ouverte et au Centre culturel musulman de Montreuil.

Claire Nicolas
Je me souviens de la date du 4 juillet 96. J'ai reçu un coup de téléphone d'une militante qui était permanente à la Maison Ouverte à l'époque.: "Nouvelle-France est sous la pluie". J'étais déjà plus ou moins au courant. J'y suis allée tout de suite et j'ai rencontré trois doyens : MahadyTraoré, Mamadou Traoré et Ducouré. Nous leur avons proposé de venir à la Maison Ouverte pour ne pas rester sous la pluie. Ils se sont installés là avec tous les résidents de Nouvelle France et ils sont restés trois mois. C'était l'été. Ils ont mis en place rapidement leur organisation, qui était assez extraordinaire : une organisation sociale très structurée dans l’espace peu adapté pour accueillir tant de personnes (les espaces pour dormir, pour manger  etc...), et dans le temps avec une organisation des temps de repos et de travail par roulement.
Nous avions gardé la salle du premier pour les réunions avec les doyens, les portes paroles et les négociations avec les partenaires.
"Que s'est-il passé ensuite ? Comment la lutte s'est-elle organisée ?"
Très vite, nous nous sommes posés la question :"Qu'est-ce qu'ils allaient devenir ? Comment allait se passer la lutte ?"
Ce n'était pas évident. Dans un premier temps, nous avions pris contact avec le préfet, avec des associations et avec la fondation Abbé Pierre.
Les résidents étaient déterminés à rester ensemble, sous l'autorité extrêmement forte du doyen et du marabout, le religieux..
Nous nous réunissions souvent.
La paroisse de Vincennes soutenait notre accueil par la présence de son pasteur, Douglas Nelson. Nous avions provoqué une réunion œcuménique avec un prêtre de Montreuil et l'Imam de la mosquée de la rue Édouard Vaillant, fréquentée par les résidents. Leur avocat était Jacques Vergès.
J'ai des souvenirs assez extraordinaires de la cour de la maison, où il y avait cette nombreuse assemblée d'africains debout en rond, avec nous au milieu, où tout le monde discutait :

"Comment allait-on sortir de cette situation ?"
Il y avait aussi d'autres soutiens, des militants purs et durs, qui leur  disaient : "Vous ne devez pas céder !"  En effet, la seule proposition, que faisait la fondation Abbé Pierre, était une maison de la culture malienne, où il y aurait eu une Mosquée, le restaurant, etc... avec les appartements autour. Mais la Fondation disait par ailleurs : "Nous n'avons pas les moyens de construire". La mairie elle, avait tout bloqué.
Certains des résidents avaient acceptés des logements de la rue Victor Hugo, hébergement- qui faisait partie du projet de la mairie et qui était l'éclatement des Foyers.
Un ethnologue, qui manifestement n'avait pas compris ce qu'était l'organisation des émigrés, avait organisé cet éclatement du Foyer Nouvelle France en fonction des représentants des villages. Il avait dit : "Ils sont tant du village un tel, donc il faut tant de places, et ceux de ce village-là, on va aller les mettre là-bas."
Cela cassait la solidarité existant dans les Cercles (collectivité territoriale au Mali qui pourrait être assimilée à nos départements), les éclataient complètement. Les Africains se sont battus sur la cohésion de leur groupe. Ils ne voulaient pas être séparés.
Ils étaient en majorité originaires de plusieurs villes et villages du cercle de Yélimané (à l’ouest de Kayes, à la limite de la Mauritanie. Cercle où la municipalité de Montreuil a fait beaucoup de projets de co-développement (maraîchage, périmètre irrigué...)
L'organisation sociale était tenue par plusieurs représentants des villages et quand ils se retrouvaient rue du Centenaire, ce lieu devenait le point de chute de tous les membres des villages, y compris de leur famille. C'était le point de regroupement et le point de solidarité. Avoir par exemple le représentant de Tambacarra à Mériel, et les autres ressortissants du village éparpillés dans la région parisienne ce n'était pas possible. Les Africains se sont battus sur la cohésion de leur groupe. Ils ne voulaient pas être séparés.

Ils avaient été trompés 
Les Africains ressentaient avoir été trompés par J.P. Brard et cela pour eux était très important. La parole donnée n'avait pas été respectée. Ils attendaient un nouveau foyer avec cuisine collective et salle de prière.
L'ancien maire M. Dufriche leur avait dit : "Je vous mets en attendant dans des algécos à Nouvelle-France". Donc ils ont attendus là-haut à partir de 1975, pour que finalement le problème ne soit réglé qu'en 2015 !

"Je vais vous construire un nouveau foyer !"  
Les résidents  avaient participé à la conception de ce nouveau Foyer, ils avaient réfléchi et élaboré un projet tous ensemble, avec des douches, des cuisines collectives, une organisation comme ils l'entendaient et la voulaient. Mais entre temps la politique d’accueil des travailleurs immigrés avait changé.
J.P. Brard voulait casser cette logique de foyer. C'était sa politique et celle des communistes de l'époque, c'est ainsi que le Foyer d'Ivry avait été détruit à coup de bulldozer. Le maire a donc construit autre chose et quand il leur a fait visiter ce lieu, rue Victor Hugo, qui était entièrement aménagé, ils n'ont rien retrouvé de ce qu'ils avaient élaboré.

Ils ont refusé les logements proposés
J.P. Brard a dit : "Maintenant c'est prêt ! Vous allez visiter ce nouveau foyer...".
 Le doyen a rétorqué
"Vous n'avez pas respecté ce qu'on vous a demandé : la cuisine collective, la salle de prière, etc..." 
J.P. Brard a répondu "Ça sera ça, ou rien". Ils ont répondu "Très bien, on reste là !"
Très soutenus à l'époque par le MPT (Mouvement du Parti des Travailleurs) et la LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire), et d’autres militants  qui les soutenaient : "Ne cédez pas, ne cédez pas !"
Et c'est alors  que les bulldozers sont arrivés pour démolir les algécos de Nouvelle-France. Les cars les attendaient (comme cela se passe avec les Roms) : "Vous rentrez dans le car et on vous emmène là où on vous a dit qu'on vous emmènerait" 
- Non, on a dit non, on n'y va pas". Alors ils sont descendus sur la place de la mairie et ensuite ils ont été accueillis à la Maison Ouverte où nous avons discuté avec eux. Mais il n'y avait pas de solution.
Du côté de la préfecture, du côté de la fondation Abbé Pierre, personne n'avaient les moyens de leur trouver un Foyer du jour au lendemain comme ils le voulaient.
Au bout de trois mois nous ne pouvions plus les garder à la Maison Ouverte, ils sont donc partis.

Les différents squats
Ils ont squatté entre autre l'Atrium qui n'était pas encore habité. Ils ne restaient dans les squats que deux ou trois nuits car la police arrivait très rapidement. Ils ont squatté la  Bouchoule où sont installés maintenant les Instants Chavirés. Ils ont été accueilli par le Bar Associatif (dans le centre commercial de la Croix de Chavaux,) aux Instants Chavirés rue Emile Zola, à la Bourse du Travail).
Nous, nous continuions un peu les réunions. De toute façon, leur sort ne dépendait plus de l'organisation que nous avions mise en place, c'est à dire avec les pasteurs, les avocats etc.... maintenant tout était entre les mains d'un groupe de militants, et un matin une militante m'appelle : 
"Nous avons trouvé un squat, mais est-ce que tu pourrais l'ouvrir pour nous, car nous, nous sommes grillés. Nous pensons que nous sommes suivis".

Le  Centenaire, un squat négocié
Un matin du mois de novembre 96, je me suis retrouvée avec Y. et nous avons ouvert le squat de la rue du Centenaire. Ils ont pu y rester, après avoir  négocié un loyer. Cela fait 20 ans qu'ils payent. Ils étaient près de 300, (ce qui fait pas mal d'argent pour le propriétaire !)
Une fois installés, ils se sont auto-organisés comme ils sont capables de le faire, avec des roulements pour faire les repas, le ménages, les courses etc..).

Les partenaires
Quels étaient les partenaires à l'époque quand ils se sont installés ?
C'était surtout les militants, qui avaient en outre le projet de faire de cet endroit le lieu symbolique de la lutte contre le mal-logement. Ils tenaient leur réunion régionale dans une très grande salle au premier.
Un jour ils sont arrivés pour leur réunion et le doyen leur a dit :
"Non !, c'est l'heure de la prière". Les résidents avaient pris possession du lieu !
Je n'étais pas toujours d'accord avec certains militants. Je trouvais  qu’ils investissaient trop la vie des migrants, trop dirigistes. Les résidents eux, sont de grands diplomates et les laissaient faire, ils ne disaient rien, mais ils faisaient ce qu'ils voulaient.

Les dimanches, les ressortissants d’un même village se réunissaient dans la grande salle du rez de chaussée, suite à l’appel de leur doyen. Tous devaient venir à cette réunion ils pouvaient être plus de 400. C'est pour ça qu'ils avaient besoin d'une grande salle et pour eux, c'était très important.

Un jour, B., un jeune qui a été ensuite a été pendant plus de 10 ans permanent à la Maison Ouverte, me dit "Il y a un cas de tuberculose au Centenaire".
Je lui dis "il faut faire venir médecins du monde". Un des militant va voir le doyen et lui dit: "Il ne faut pas faire venir médecins du monde, ça va faire venir les flics, vous expulser etc...le doyen a alors refusé.
Quand j'ai su ça, j'ai dit "OK, j'arrête. Si le doyen est assez bêt pour ne pas faire soigner sa tuberculose". Je ne suis pas une militante politique. Je n'ai pas su ce qui s'était passé ensuite... Qu'ils se débrouillent :"

Quelle forme a pris la participation des résidents ?
Dans leur vie quotidienne, il y a toute une organisation rituelle autour de la nourriture, de l'organisation des stocks, des repas : qui fait la pluche, qui fait cuire... Quand un jeune arrive, il est affecté à certaines de ces tâches de cuisine, de ménage.
L’autorité est assurée par les doyens des différents villages, le marabout  qui se charge de l'organisation religieuse, les prières, etc... Ils contrôlent qui fait quoi, qui rentre, etc... 
C'est une organisation complète gérée par une hiérarchie, une organisation sociale, collective très contraignante.
Par exemple, les achats de nécessité (riz, sucre, farine etc.) pour la famille sont faits par les hommes en France qui passent par une coopérative qui livre les familles. Les émigrés sont riches au regard de leur compatriotes restés au pays.

Un de mes amis (Bouba Touré) a résisté à cette organisation et en a un sens critique très intéressant  Il a dit "non" très vite. Il a écrit un livre qui s'appelle "Notre case à Saint-Denis". (éditions les Xérographes)
Il est venu en France à 17 ans, a vécu dans un Foyer, et dit "Ce n'est pas possible de vivre dans ces conditions-là". Il a appris à lire et à écrire, grâce au PC et à la CGT. il est aujourd’hui un photographe reconnu par la communauté malienne.
Quelques années après, il est reparti avec plusieurs copains monter la première coopérative au pays et sa coopérative fonctionne très bien. La première chose qu'ils ont faite : le conseil qui gère la coopérative est un Conseil élu, et non un conseil de vieux. Il est rentré en France mais la coopérative est un modèle de réussite.

L'obscurantisme et la tradition
Quand quelqu'un meurt du paludisme, la famille dit "C'est Dieu qui l'a voulu, on ne peut rien faire."
Trois ou quatre sociologues ont suivi avec beaucoup d'intelligence et de questionnements l'obscurantisme qui existe dans les foyers. Comme dans les villages, quand la gérontocratie a le pouvoir, c'est l'obscurantisme.

L'excision
Je rencontre des militants qui me disent "On a de la chance. Ce sont des mecs vachement bien,  Quand on pense qu'ils pourraient faire exciser leurs femmes."
- je leur réponds : « Mais elles sont excisées ! »
Il va voir un de porte-parole: « est-ce tu excises tes femmes ? » lui :  «Non, moi je n'excise personne ».
- je précise la question : « Est-ce que tes femmes sont excisées ? »
- Oui mais ce n'est pas moi qui le fais, ce sont les autres femmes. Je sais que tu n'es pas d'accord avec ça, mais c'est comme ça, c'est la tradition."
C'est interdit dans le pays, mais ça n'empêche pas de le faire.

Leurs coutumes
Les résidents ont des modes d’organisation sociale différentes des nôtres où la place des anciens  est très importante (on parle de gérontocratie). Souvent les décisions sont collectives, prises par les plus anciens. Un jeune ne part jamais émigrer de lui-même, il part parce que c'est la volonté du village.

Dans la perspective du nouveau Foyer
Des soutiens comme Patrick Petitjean et Claude Reznik sont restés toujours très actifs. Quand D.Voynet est arrivée à la mairie, la question d'un nouveau Foyer s'est reposée. La décision a été de reconstruire un foyer et de maintenir l'organisation qui était importante, notamment pour gérer le loyer, à la différence des autres foyers à bailleurs.
Rue du Centenaire, il n'y avait pas de bailleur, l'organisation était faite par les résidents. Ils ont géré l'organisation avec un mode participatif tout à fait intelligent et bien régulé.

L'association gestionnaire
D.Voynet a affirmé "On savait que l'organisation qu'ils avaient construite était basée sur un véritable mode participatif. On pouvait s'appuyer sur ce mode d'organisation dans la perspective du nouveau Foyer".
Les résidents ont participé totalement à l'organisation du nouveau Foyer en montant une association dont B.Cissoko est le président. Elle gère l'entretien des locaux, la réception des loyers et le contrôle : qui entre, qui vient s'installer et qui ne vient pas s'installer pour éviter la sur-occupation.

Le bailleur "Pour loger"
Le foyer a été construit avec un bailleur, "Pour loger", qui a négocié avec la Fondation des Petites Pierres, la Fondation de l'Abbé Pierre, la municipalité et la Caisse des dépôts.
En fin de mandat, en avril 2014, D.Voynet a organisé une fête de « pseudo-inauguration » qui s’est terminée à la Maison Ouverte parce que comme disent les résidents : «C'est ici que ça a démarré »
Le 12 décembre 2015, ils ont invité tout le monde rue du Centenaire pour une fête et pour dire au revoir aux voisins. Ils ont loué des cars et déménagé le 22 décembre, vers leur nouveau Foyer « le Nouveau Centenaire » au 47 rue Pasteur.

Le Nouveau Centenaire

Il y a eu l'installation de 193 résidents. Le Nouveau Centenaire est très beau. Il y a des salles de repos et des salles collectives. Les résidents sont logés soit en studio, soit en chambre collective. Une partie du bâtiment est réservée aux plus âgés. L'ancien doyen y est installé, très handicapé, il est protégé par la communauté.
Il y a un restaurant géré par un résident. Il y a encore besoin de moyens pour payer le matériel. Ça sera un restaurant ouvert sur l'extérieur.. Des emplois ont été créés avec l'aide de l'association.

Le premier Foyer qui a tenté l'autogestion était celui de la rue de Charonne, mais sa gestion a été reprise par un bailleur,
Là, au Nouveau Centenaire c'est participatif. C'est l'association des résidents qui a une mission sur différentes tâches comme le ménage, la réception des loyers, le choix des nouveaux résidents entre autres.

Est-ce qu'il y a des listes d'attente ?
Les habitants se posent la question d'accueillir des personnes extérieures à leur groupe. L'association qui gère l'entretien des locaux veille à ne pas faire de sur-occupation. Elle gère la vie collective et doit rendre l'ensemble des comptes au bailleur.
C'est le premier foyer de France qui a un fonctionnement participatif. La personne qui l'a décidé est D. Voynet. J'insiste fortement sur ce côté participatif, qui est fondamental.
C'est une aventure politique extraordinaire. Il n'y a que D. Voynet qui pouvait le faire. Elle avait un vrai discours politique qui a permis à ce groupe de s'organiser en auto-gestion.

Résidence sociale du nouveau centenaire
Y a-t-il des chambres pour handicapés ?
Il y a un accès handicapé et des ascenseurs.
n-m : Tu nous expliques que les africains viennent en France pour gagner de l'argent, n'y a-t-il pas dans leur pays, des moyens pour survivre, comme l'agriculture par exemple.
De ce que j’ai vu en 1997, il n'y a plus d'agriculture parce qu'il n'y a plus d'hommes, tous les hommes sont en émigration,  restent les vieux, les femmes et les enfants. Ils font de l'élevage, mais ça a peut-être changé depuis.
« En revenant de notre voyage en 1997 dans le cercle de Yelimané nous avons créé une association "Solidarité-Développement" et dans laquelle ceux qui peuvent ont mis 1 % de leurs revenus. On prête l'argent aux émigrés ici, pour développer un projet économique là-bas. Tous les émigrés n'ont qu'une envie, c'est de rentrer au pays. Personne ne veut rester. Ils ne voient plus leurs familles. Ils sont écartelés, même ceux qui sont là actuellement n'ont jamais vu leur famille.
En même temps, certains d'entre eux ne peuvent plus rentrer, parce qu'ici ils ont le pouvoir, ici ils ont l'argent. Là-bas, c'est différent, il y a une communauté de vieux.
Y. ne rêve que d'aller dans son pays, et en même temps, il dit : "Je ne sais pas si je pourrai rentrer parce que je me sens français plus qu'africain".
On les détruit culturellement par la façon dont on les laisse vivre.

Nous avions soutenu des femmes qui faisaient des projets, par exemple un élevage de poulets. Je rencontre la famille, mais les relations dans ces familles sont très hiérarchisées. À tel membre, on doit du respect parce qu'il a telle place dans la fratrie. On ne peut pas lutter contre, car le droit comme nous l'avons construit, tel que nous le connaissons, n'existe pas dans ces organisations. Tout est construit sur une organisation sociale prédéterminée.
Quant D. Voynet dit du projet Nouvelle-France : "C'est un projet extraordinaire !", c'est parce qu'ils se sont dédouanés de leurs traditions, ils ont donné le pouvoir de leur organisation à une association. Dans les autres foyers ça ne se passe pas comme ça.

Propos recueillis par Jeanne Studer

Si vous avez envie d'en connaître plus sur "Le Nouveau Centenaire" vous êtes invité à leur inauguration :

 

e liquid hookahрейтинг летних шин для кроссоверовseo оптимизация сайта стоимостьgoptionsстоимость укладки фанеры на пол ценасайт

Commentaires  

0 #1 Daniel Mosmant 01-04-2016 21:17
Bonjour,
J'ai publié une esquisse de l'histoire du Centenaire/Nouvelle France sur https://levertsalutaire.wordpress.com/
Si ça intéresse...
Bien joli de citer les politiciens et loin de moi l'idée que la volonté politique ne serait pas nécessaire, mais sans le directeur de l'OPHM de l'époque, Jean-Paul Bléry, et son équipe, RIEN ne se serait fait et les résidents du Nouveau Centenaire en seraient toujours au même point. C'est lui qui a mené le projet et qui l'a sauvé à maintes reprises. Toujours en collaboration directe et dans le respect de la volonté des résidents.
A+,
Daniel M
Citer

Ajouter un Commentaire

Consulter les CGU de ce site pour connaitre les règles d'utilisation des commentaires d'articles : Nos CGU


Code de sécurité
Rafraîchir