nous-montreuil : quelles sont les valeurs que tu défends dans ta vie et qui t'ont amené à choisir de travailler avec ce groupe ?

Sophie Bernhardt : Les valeurs que je défends, c'est d'abord l'égalité entre tous. L'égalité face à l'obtention du savoir,  l'égalité des chances au sens large, loin de tout ce qui est discrimination sociale, ethnique, géographique, pour moi c'est le plus important, et aussi l'égalité de traitement de tous sur toutes les instances de la vie publique,  ce qui veut dire que n'importe quel citoyen a le droit à la parole.

Je me suis engagée avec le Collectif Indépendant des Spectateurs du Méliès car la forme de lutte me plaisait; nous réclamions justice parce que les accusations de l'élue n'avaient pas de valeur absolue et qu'elles ne pouvaient conduire à un licenciement.
Cette manière de lutter me convenait parce que ce groupe était un groupe de citoyens avec des désaccords, avec des différences idéologiques évidentes, mais il y avait une discussion, la parole de chacun était libre et surtout équivalente.

Le CCM (Comité des Citoyens

n-m : comment as-tu rejoint le CCM (Comité des Citoyens) ?
S. B. J'ai choisi le groupe du CCM parce que c'est le seul groupe où j'ai vu des gens qui m'avaient l'air sincère. Je suis allée aux réunions politiques publiques des partis mais j'avais l'impression de n'y voir qu'une partie de la population dans ces partis, (front de gauche, et les Verts).
Au sein du CCM, il me semblait y avoir une plus grande diversité. La prise de parole des candidats, en coordination ou autre, me semblait plus proche des montreuillois dans ce groupe. Par ailleurs, la forme de fabrication du programme avait plus de sens pour moi, nous étions nombreux à organiser des réunions thématiques où tout le monde pouvait venir travailler, j'ai rencontré beaucoup de personnes à ce moment-là, c'était très intéressant : on vient avec la thématique handicap, il y a une quinzaine de présents, et on apprend des choses. Je vais à la réunion éducation et j'apprends des choses; je leur en dis de mon côté; c'est comme ça que cette façon de travailler s'est fabriquée  : on rencontre des gens, on échange, on débat et ce qui naissait dans le  programme, c'était le fruit des débats de centaines de personnes, c'est ce qui m'a plu, ce n'est pas en réalité la personnalité de tel ou tel.

n-m :  ça n'influence pas un peu ?
S. B. Ce n'est pas la personnalité des têtes de listes qui m'intéressait, ce qui m'intéressait c'était les idées défendues et comment elles avaient été construites. Ces idées me semblaient plus proche des miennes, d'autant que je les avais co-construites.
J'avais fait partie des ateliers et des thématiques qui avaient construit ce programme et qui avaient donné lieu à de vraies discussion, de vrais débats, où on  n'était pas d'accord et c'était ça qui était intéressant : le point de friction !

n-m :  accepter la diversité
S. B. Exactement et discuter avec des gens qui parlent de différentes manières, nous discutions ensemble, un point de cohésion émergeait et c'est à partir de là que nous élaborions.

n-m : il y a beaucoup de jeunes dans ce groupe.  C'est une façon de préparer l'avenir.........
S. B. : ... et de donner la parole à des gens qu'on n'entend pas d'habitude. J'ai trouvé super que notre moyenne d'âge -moi je fais partie des vieux-  nous permet de rencontrer des gens qui sont de la génération d'au-dessus et de discuter librement avec eux, parce que n'étant pas forcément en minorité, nous n'étions pas balayés d'un revers de main parce que nous étions jeunes. Nous étions balayés d'un revers de main si notre idée ne tenait pas la route.
n-m Quel âge as-tu  ?
S. B. J'ai 36 ans Je suis jeune sauf que chez nous il y en a qui ont 26 ans, 28 ans. Dans notre groupe l'intérêt ne porte pas sur cette question d'âge !

Travail d'élue

n-m : comment conçois tu l'activité d'un élu et ses responsabilités vis-à vis de son appartenance et des citoyens ? 
S. B. Je considère que c'est un honneur d'avoir été élu par les montreuillois, les personnes à qui j'ai des comptes à rendre, ce sont les montreuillois-es. Ma responsabilité est de porter la parole des citoyens, de réussir à les accompagner sur des actions ou des manques, si je peux. J'accorde plus d'importance à mon activité de militante car quand on est élu, on est avant tout militant, sauf dans les instances où là, on est porte-parole des citoyens.

n-m : le maire est-il le porte-parole des citoyens ?
S. B. Il considère qu'il doit prendre les décisions pour les citoyens. Ce qui nous a été redit à un Conseil de quartier récemment . Un élu de la majorité : "Et si vous n'êtes pas satisfait, vous pouvez nous sanctionner au moment des élections".
Je considère que la charge d'élue est totalement différente, il doit accomplir une tâche qui lui est donnée par les citoyens, il doit rendre des comptes sur cette tâche-là. L'idéal est qu'il co-construise avec les citoyens
Nous faisons une réunion de préparation du conseil municipal avant le conseil municipal, nous avons deux fois 5 minutes au conseil municipal. Il faut absolument que ces moments-là soient les questions que les habitants veulent poser au maire ou à la majorité, surtout s'ils ne sont pas entendus ailleurs.
Il y a plein d'instances : les associations, les conseils de quartier, les représentants des différents syndicats qui sont censés être entendus par le maire, et en plus, il y a les citoyens lambda qui ont autant le droit de poser des questions au maire.
Nous recevons les documents validés par le bureau municipal, 5 jours avant le Conseil. Notre priorité ce sont toutes les questions que se posent les habitants et sur lesquelles ils n'ont jamais de réponse. Étant donné que nous sommes les portes-parole des citoyens, j'envisage dans ma charge de demander aux citoyens ce qu'ils veulent que nous portions comme parole. Nous ne sommes pas dans l'exécutif donc nous ne pouvons pas gérer comme nous l'entendons, co-construire dès la base. Néanmoins, je considère qu'il est de mon devoir de faire des permanences habitants, et de répondre à leurs sollicitations.  Nous avons des rendez-vous individuels avec les personnes.
Si je peux envoyer des courriers, solliciter des gens, alerter sur une situation, autant que je le fasse, même si nous ne sommes pas dans l'exécutif. Nous prévenons les personnes : notre lettre ne débloquera pas la situation, et nous savons aussi que nous créons de l'animosité envers nous puisque nous ne réglons pas le problème mais on ne va pas ne rien faire sous prétexte d'être dans l'opposition.
Les personnes ont voté pour la liste "Ma ville j'y crois" et ils nous ont mis là où nous sommes. La moindre des choses est d'agir comme nous le pouvons.

Conseillère de la majorité

n-m comment envisagerais-tu le travail si tu étais conseillère de la majorité ?

S. B. Nous avions des propositions. Il faut travailler en co-construction, peu importe la délégation dans laquelle nous sommes, ce qui me semble nécessaire est d'associer les citoyens.

n-m : il est difficile d'écouter tous les citoyens  !
Il y a des frictions, et c'est pour ça qu'il y a des techniques d'animation de rencontre, il faut travailler avec des animateurs et que ce ne soit pas juste l'élu, il faut des facilitateurs de parole, des rencontres suffisamment fréquentes pour que chacun se sente entendu et soit pris en compte, et ça c'est un travail titanesque. Quelque soit la délégation, c'est comme ça qu'il faut travailler.
Je crois que même les extrémistes, il faut les écouter. C'est parce qu'ils ne sont pas écoutés qu'ils deviennent extrémistes. C’est un rapport de personne à personne, c'est chronophage, c'est épuisant, mais c'est comme ça que nous pouvons faire avancer les choses.

n-m cite un élu du temps de D.Voynet qui lorsqu'il était au logement, voulait répondre à tous les appels téléphoniques et passait presque tout son temps au téléphone
S. B. Le logement est une délégation monstrueuse. À Montreuil, il y a 6000 demandes par an il y a 20 % de gens qu'on peut recevoir et qu'on peut présenter ; on peut travailler en co-construction, créer des commissions où les citoyens sont associés à la décision d'attribution des logements; on peut travailler avec les gens si les critères sont transparents et clairs, si nous savons exactement les priorités, tout peut se décider avec les citoyens, et pas pour les citoyens, mais c'est un mode de pensée, de réflexion qui bouleverse tout le système actuel; cependant c'est possible.

n-m : y a t-il des priorités en matières de logement ?
S. B. C'est une question de choix politique. Il y a des critères de priorité pour des personnes qui sont en grande précarité, et pour des personnes qui ont un handicap lourd . La réalité des fait, c'est la réalité humaine. Pour ma part, je n'aurais jamais d'appartement HLM, je ne ferai pas la demande, parce que je considère que j'ai la chance de pouvoir vivre ailleurs.

n-m : les logements-passerelles pour les Roms ont suscité pas mal de jalousie.
S. B. Les conditions d'accueil des Roms étaient vraiment désastreuses. Entasser des gens sur un terrain vague à la Boissière.
n-m : Dominique Voynet a logé beaucoup de familles roms. C'est la seule maire qui a eu un projet de cette importance par rapport aux projets des autres villes. Le maire actuel fera t-il quelque chose pour les Roms ?
S. B. Il ne fait rien, mais la tension générée vis-à-vis d'un groupe de Roms par le fait de ne rien faire, ne peut être endiguée. A un moment, le non-choix politique engendre forcément des non-décisions qui sont désastreuses pour les habitants, quel qu'ils soient.

La municipalité actuelle

n-m : est-ce qu'il y a des choses positives dans cette municipalité depuis 1 an et demi ?
S. B. Le début du mandat a été le moment où il y a eu plein de promesses de changement qui ont été faites, mais depuis, on attend encore leur mise en place.
Il y a pourtant des choses qui se passent quand le statut du personnel est transformé, ses heures qui sont diminuées par exemple, et qu'il se retrouve avec les rythmes scolaires appliqués, sans qu'il n'ait reçu la moindre lettre qui lui explique ces changements. Les décisions sont prises à un endroit, appliquées à un autre, il manque un chaînon : le chaînon humain ! Je souhaiterais qu'on parle des gens autrement que comme des matricules et des finances qui pèsent sur le budget de la commune.

n-m : qu'est-ce qui est fait pour le changement scolaire ?
S. B. Rien n'a été fait à part les horaires qui ont changé, mais les animateurs travaillent plus, le personnel communal est autant en souffrance que précédemment, malgré les promesses. Les parents d'élèves voient les spécificités de Montreuil disparaître. Le collectif handicap n'est plus du tout pris en compte dans les décisions.
La vraie déception pour les montreuillois n'est pas tant dans le fait que les promesses ne sont pas tenues, que les gens qui aujourd'hui, ne tiennent pas les promesses, sont ceux qui dénonçaient que les promesses n'étaient pas tenues. Ils font comme ceux qu'ils attaquaient tout en les ayant attaqués précédemment, même de manière virulente et à chaque fois, nous avons droit à la même réponse : le budget est contraint. Comment comprendre que l'on supprime des postes d'animateurs à 700 euros par mois, en embauchant dans le même temps des gens à 4200 € par mois entre autre, tout en faisant une campagne de com sur "Le montreuillois" qui est le nouveau journal qui a coûté 206 000 euros. Le maire a aussi fait changer les poubelles qui n'avaient que 5 mois d'existence pour la COP 21, le coût : 39 000 euros. L'inauguration du Méliès a coûté plus de
100 000 euros. Il y a beaucoup de choses qui ne peuvent être entendues par les citoyens.

Certes le budget est contraint parce qu'il y a 2 % du budget qui disparaît des dotations, et pourtant il y a des dépenses sur d'autres postes qui sont des postes de communication. Affirmer : "C'est la faute de l’État s'il manque 12,5 millions sur trois ans. Affirmer "C'est la faute des nouveaux rythmes scolaires qui coûtent 2 millions 5 d'euros à la ville alors que dans le budget 2015, seulement 70 000 euros ont été prévus pour ce poste. Ces postes auraient pu être anticipés.
Nous entendons de  manière permanente ce nouvel argument -budget contraint- pour justifier des baisses de subventions. Pourquoi ferme t-on les Centres de loisirs ? Ah mais le budget est contraint. Pour quoi ne fait-on plus telle et telles actions pour les papys et mamies ? Ah vous comprenez  le budget est contraint.
Je veux bien qu'on fasse un constat sur le fait qu'on ait moins d'argent et qu'il faut faire des économies  mais faisons-le alors sur toutes les dépenses..

Il justifie des non-choix politiques par ce budget, il justifie des non-prises de position politique de gauche réelles par ça, Le personnel communal est en souffrance parce qu'ils sont devenus des charges qui coûtent de l'argent à la ville, alors que c'est du service public qui rend service au public, ce public qui le finance par ses impôts !

Nous avons des commissions techniques paritaires où en fait la direction de la ville reçoit les syndicats, ils sont censés donner leur avis et débattre sur les décisions qui vont être prises pour le personnel. Nous avons un élu qui y siège. Il sont autour d'une table et ils discutent. Les syndicats disent par exemple "Nous sommes contre cette décision, mais nous sommes pour celle-ci."  Le maire explique qu'il considère que c'est un avis consultatif et qu'il fera ce qu'il a décidé.
A partir du moment où on parle comme ça dans l'instance qui est censée être le lieu de débat entre les syndicats et la direction sur l'avenir du personnel communal, la porte est fermée à toute démocratie.
Aujourd'hui nous sommes dans une ville qui a été un enjeu politique fort en 2014, à tel point que des gens qui se sont tapés dessus pendant cinq ans, se sont mis ensemble pour gagner la ville. A partir du moment où il y a un enjeu politique fort, on n'est pas forcément avec des gens qui aiment leur ville, on est avec des gens qui font de la politique.. Personne ne devrait cumuler plusieurs mandats, ni plusieurs fonctions. Les indemnités des élus devraient être moindres parce que quand c'est leur première source de revenu, il y a un souci. Il ne faudrait pas que les élus soient payés, surtout dans une grosse ville où les services font autant de boulot. A Montreuil, il y a des maires-adjoint qui touchent 3500 euros par mois, 2500 euros, et 900 euros  pour un Conseiller délégué. Ce qui équivaut largement à un salaire. À partir de ce moment-là, on est coincé par l'argent, c'est très humain encore une fois, quand quelqu'un touche 3500 euros d'indemnité par mois, il devient beaucoup plus difficile pour lui d'abandonner sa fonction si ça ne lui plaît pas, il y a une réalité qui est là.
La première décision qui a été prise quand cette équipe a été élue, a été d'augmenter les indemnités des élus de la majorité.

n-m : Qu'est-ce qui est positif actuellement ?
S. B. Il y a beaucoup de promesses qui ont été faites, il serait temps qu'elles soient mise en œuvre en œuvre. La réintégration des membres de l'équipe du Méliès est une très belle victoire et nous en sommes très contents, mais ce n'est pas suffisant comme bilan au bout d'un an et demi.
Par ailleurs, il y a eu un Forum organisé par Djeneba Keita maire-adjointe, chargée de l'emploi et de la formation à la mairie et à l'agglomération  qui a permis aux montreuillois de trouver 200 emplois. C'est là que je peux trouver des choses positives, 200 emplois, c'est bien, pour démarrer. mais il ne faut pas oublier qu'il y a un chômage de 25 % des jeunes ici. 

n-m évoque les centre de loisirs en pied d'immeuble qui étaient une réalisation du temps de J.P. Brard et qui ont été enlevés sous la mandature de D.Voynet. Les animateurs ont été licenciés. C'était une initiative très intéressante, et qui avait un rôle de prévention auprès des jeunes.
S. B. Aujourd’hui on paye le prix de ce choix politique qui a été fait et ça c'est vraiment dommage. Il faudrait rétablir ces centre de loisirs en pieds d'immeuble....

n-m : Qu'est-ce qui se passe avec le budget ?
S. B. Le maire rattrape des erreurs de gestion dont on n'entend pas parler. Au lieu de jouer franc jeu en disant voilà, il y a eu telle et telle erreur de gestion , qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Il parle de la baisse des dotations de l'Etat de 2 % mais qui ne justifie pas des économies entre 10 et 20 %. Il a été demandé au Service jeunesse de faire des économies de 25 %.

n-m : qu'en est -il de la Commission des finances présidée par Manon Laporte ?
S. B. Officiellement, elle en est présidente. Ils sont censés à la commission des finances donner des avis sur les différentes décisions qui concernent les finances de la ville. En réalité, c'est une commission fantoche à l'heure actuelle. Manon Laporte a les document en même temps que nous, ou très peu de jours avant.
Elle donne son avis, on l'écoute, c'est très bien, mais elle n'a pas plus de poids en tant que présidente de cette commission que moi qui suis dans une autre commission.

n-m Dans quelle commission es-tu ?
S. B. Je suis dans la commission n°1 : associations, enfance, handicap, vie sociale, en gros sciences humaines.

n-m : Est-ce que c'est intéressant d'être dans une commission comme ça  ? Est-ce que vous avez un peu de pouvoirs ?
S. B.  Non, nous n'avons aucun pouvoir. Les commissions sont composées d'élus majorité et minorité qui siègent ensemble. Nous regardons les délibérations et nous pouvons poser des questions quand il y a des choses que nous ne comprenons pas ou que nous ne connaissons pas, et on nous donne, ou non, les réponses.
Il y a très peu d'élus de la majorité qui viennent car c'est une commission fantoche. De temps en temps, il y a quelqu'un de la droite et puis moi je viens pratiquement tout le temps parce que ça m'intéresse de poser des questions. En réalité nous n’influençons en rien la délibération. Seul, le bureau municipal décide, composé des groupes majoritaires .

n-m  En même temps, les élus de l'opposition ne sont pas des maires-adjoint.
S. B. Non, mais ils devraient avoir une délégation, et je ne parle pas pour moi. Je parle juste du fait que nous sommes élus par le peuple, à partir de ce moment-là, il est normal d'avoir une délégation. Il y a plein de commissions auxquelles on appartient qui sont des commissions fantoches où rien n'est décidé. C'est un jeu de dupe. Tout est déjà décidé en amont.

Des propositions :

Participation des habitants aux commissions municipales
S. B. Les commissions devraient être ouvertes aux habitants afin qu'il puissent discuter des délibérations proposées, il y en a à peu près 10 par commission et il y a 4 commissions. Il y a à peu près 40 délibérations par Conseil municipal. Les habitants pourraient discuter des délibérations 15 jours avant le Conseil municipal, et ensuite avec tous ces éléments, aller au bureau municipal où des propositions correspondant aux discussions et aux décisions qui auront été faites en commission, seraient prises.
Le Conseil municipal deviendrait une chambre d'enregistrement, non pas parce que la majorité décide de tout, mais parce que le débat aurait eu lieu auparavant. Ce serait très intéressant.

Participation des habitants aux décisions
Imaginons qu'une ville de l'ouest de Paris ait une majorité de gauche et devienne une mairie de gauche alors qu'elle était de droite pendant des années, et dans cette ville, il y a une délibération : "On veut 20 % de logements sociaux", alors qu'il n'y en a que 2 %. On fait une réunion publique avec tous les habitants et le compromis sera peut-être non pas de faire 20 % mais 8 % ou 9 %. Cela permettrait aux habitants de comprendre qu'ils sont écoutés. Là je commence à aborder des choses que les partis refusent; même si on leur explique que l'intérêt du citoyen, c'est le citoyen qui doit y répondre. L'expert d'usage, c'est le citoyen.

Le parti communiste
Le parti communiste a un rôle important dans la gestion de la ville. Des personnes embauchées viennent  d'anciennes mairies communistes. Il y a une petite corrélation entre les origines géographiques ou politiques de la personne engagée et sa réalité.
Je ne suis pas pour donner la priorité aux montreuillois. Je suis pour l'égalité de traitement entre les uns et les autres : de l'égalité découlera la fraternité, de l'égalité découlera la liberté.

n-m : Est-ce que c'est J-P Brard qui t'a sollicitée ?
S. B. Non pas spécialement.  Au C-ism. on nous a dit pendant 1 an qu'on était des brardistes. A force d'entendre ça; j'ai eu la curiosité de voir ce parti. Je ne serai pas là si on ne m'avait dit pas dit pendant un an : "Tu n'es qu'une brardiste", je suis allée voir le CCM. J'ai voulu voir Brard et ce collectif. Je n'ai eu que très peu de rapport avec lui.
Je faisais partie des personnes qui participaient aux ateliers, et qui étaient motivées par ce genre d'action, intéressés par la rédaction du programme et comment on fait pour réussir à prendre tous les éléments qui ont été donnés ? Qu'est-ce qu'on en fait ? Qu'est-ce qu'on garde ? Ce qui m'intéresse, c'est la force du Collectif.

L'arbre à palabres
n-m : ce que tu dis me fait penser à l'arbre à palabres. on se réunit, on prend le temps d'écouter tout le monde et d'arriver à un consensus........
S. B. Oui,c'est la résolution des conflits. L'arbre à palabres c'est, on se retrouve le soir, on discute, on écoute tout le monde....
Quelle stratégie pour Montreuil ?
S. B. A Montreuil on est plus de 100 000 habitants. Il y a deux solutions : soit on ne se connaît pas, on va au plus vite et au pseudo plus efficace par un petit groupe, on est dans un système pyramidal, soit à l'inverse, on essaie de créer du lien entre les uns et les autres, on finit par trouver des compromis pour éviter que ça ne finisse en bagarre. Nous militons pour recréer ce lien direct, il est certain que c'est chronophage mais le temps politique devient complètement différent.
Les responsables en place nous expliquent "Le SMR dans les murs à pêches, c'est vraiment une grosse bêtise mais on va le faire quand même, sinon on va perdre du temps et de l'argent, et de leur côté, les associations disent "Vous perdrez tout autant d’argent à le faire puisque nous allons vous attaquer permis de construire après permis de construire."

Le budget participatif, c'est principalement des choses que la ville aurait dû faire de toute façon. C'est juste ni fait ni à faire. Je préfère encore les enveloppes participatives qui elles, n'existent plus.

n-m :Comment envisages-tu la suite, aussi bien maintenant qu'après ?
S. B. Avant les élections municipales, il va y avoir une échéance qui s'appelle la métropole du Grand Paris. Cela va changer beaucoup de choses, les prérogatives des villes vont diminuer,  diminuer. C'est terrible,  on éloigne encore le citoyen des instances dirigeantes, on a beau le déplorer,  je ne vois pas vraiment de bataille politique s'organiser contre ça
Je crois que Montreuil essaie des choses. Montreuil est une ville d'expérimentation. Elle a essayé les Verts. mais ça n'a pas fonctionné. Être maire c'est difficile, c'est être à l'écoute des habitants qui vivent à côté de chez soi, être maire, c'est être sans cesse sollicité et représenter les citoyens.

Une liste citoyenne à Montreuil
Je crois que nous sommes en capacité à Montreuil de proposer une liste citoyenne qui l'emporte. Je crois qu'on peut faire entendre aux citoyens l'idée de présenter une liste sans tête de liste, une liste qui soit ce que nous avons fait en 2014 mais à la puissance 1000.
Comme on n'aurait plus de tête de liste connue dans la ville, on miserait alors sur ce que nous sommes vraiment, c'est à dire un collectif qui serait reconnu comme tel.

Montreuil a les ressources, l'intelligence et l'histoire nécessaire pour réussir à faire qu'un collectif de citoyens soit élu en 2020.
En tant que groupe de citoyens, nous allons organiser des réunions dans les quartiers de la ville, avec l'intitulé "Janvier-novembre 2015 et qu'est-ce qu'on fait maintenant ? "L'idée c'est de réussir à récolter la parole et que cette parole récoltée ne reste pas dans les archives de la ville mais soit au contraire diffusée au maximum.

Un exemple de démocratie participative : la ville de Saillans

n-m : Saillans; une ville gouvernée par un collectif de citoyens
S. B. L'été dernier, j'ai rencontrés les responsables de cette ville,. Le maire a été choisi non pour sa personnalité mais parce qu'il était le plus disponible. Ils ont fait trois réunions publiques et pendant ces trois réunions, ils ont élaboré le programme. A la dernière réunion publique, on leur a demandé d'élaborer une liste. La liste a été élaborée de la personne la plus disponible à celle la moins disponible. Ils sont 12 élus; dans les 12 élus, il y en a certains qui ont des divergence idéologiques.
A partir du moment où ils ont élaboré comme principe de base : on discute, on ne vote pas tant qu'on n'a pas élaboré un compromis,  jusqu'à un point où on est à peu près tous d'accord pour accepter la décision, validé par les habitants.
Et ce n'est pas parce que qu'à Montreuil,  nous avons 100 000 habitants, que ce système n'est pas possible.
Plus on prend l'habitude de discuter, et plus l'habitant cultive sa connaissance du domaine publique et moins il proposera des choses qui sont farfelues ou irréalisables.
Après ce sont des vases communicants. peut-être que quelqu'un m'influencera avec des idées que je ne partagerais pas au départ et moi je l'influencerais avec mes idées, il sera dans une logique d'échange, d'allers et retour, et l'idée est de dire que la politique, ça doit être ça, un lieu d'échanges.
C'est tout un processus de réflexion et de mise en place d'éléments dont la mairie actuelle est très très loin.
Ils sont censés être une belle majorité parce que c'est une majorité de gauche et ils sont censés défendre une politique de gauche dans une ville qui est prête à les soutenir et à être derrière eux mais ils ne font rien et ils pinaillent entre eux.
En fait, ils sont dans des enjeux qui n'ont rien à voir avec Montreuil
Je crois qu'on est capable en 2020 de porter un collectif citoyen jusqu'à la victoire.
Évidemment, il y a le principe de réalité qui fait que quelquefois on se retrouve à devoir décider de quelque chose sans prendre le temps de la consultation, mais si on a suffisamment travaillé en amont, il y a une marge de manœuvre. Ce  n'est pas une utopie.
Notre travail à nous les citoyens est de mettre en place des outils pour faire que l'intérêt général revienne et  revive. C'est pour ça qu'il faut qu'on fasse ça dès à présent. On n'a pas de parti à l'échelle nationale et tant mieux, c'est notre force. On n'a de compte à rendre à personne, sauf aux citoyens.
                                                  Propos recueillis par Jeanne Studer

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