Entretien avec François Fatoux, fondateur de l'association 

Les débuts de l'association VVV
En 1993, je me lance dans la création d'une association pour la promotion du vélo comme moyen de déplacement.
Jean-Jacques, un ami aux capacités militantes complémentaires des miennes a rendu possible ce démarrage difficile. En effet, ailleurs et un peu plus tôt, il ne fait aucun doute que j'aurais échoué. Montreuil était une ville suffisamment grande mais offrait en même temps une taille beaucoup plus « humaine» que Paris pour pouvoir se retrouver autour de la notion de citoyenneté et de cité.

En septembre 93 j'ai dit "On  renonce, ça ne décolle pas". On avait fait deux réunions en mai qui n'avaient pas regroupé grand monde. Jean-Jacques m'a dit : "On fait une réunion officielle et on crée l'association". Je l'ai écouté et on a fait cette réunion. Nous étions 13 à l'assemblée générale constitutive. Il y avait Fabienne, et Rémy est venu un peu après.

Le décollage de VVV
A l'occasion des législatives de mars 1993, le député-maire de l'époque avait promis un débat public si 200 personnes se rassemblaient autour d'un texte. Je l'ai pris au mot.
J'ai rédigé un texte avec l'approbation des autres membres de l'association et une lettre d'accompagnement. Jean-Jacques et moi, nous nous sommes engagés à récolter les signatures. Nous avons mis le texte et la lettre sous enveloppe, en demandant aux personnes de le signer. L'en-tête était colorié par des mômes, nous allions les mettre dans les boîtes aux lettres. J'écrivais le nom de la personne avant de mettre l'enveloppe dans la boîte. C'était un boulot de fou, Jean-Jacques a fait la même chose.
Dans un premier temps, nous avons recueilli plus de 200 signatures envoyées par la poste, et des amis ont collecté des signatures dans leur quartier. Nous sommes arrivés en mars avril avec 400 signatures. A partir de là, j'ai écrit à Brard.
Ginette : je me sentais solidaire de cette forme d'expression qui était citoyenne. Je sentais une certaine forme de conscientisation, qui sortaient des voix réglées du PC.
François : le maire a tout fait pour que ce débat ne se fasse pas, il a voulu voir les 400 signatures et finalement le débat a eu lieu dans de bonnes conditions.
Une grande partie de ces signataires est devenue membres de VVV.
Ça été très porteur, car pour résumer, cela nous a fait un fichier. Nous ne distribuions plus de bulletins à 30 personnes mais à 400 personnes.

L'association VVV marche avec quatre piliers
Cette association a reposé sur quatre piliers. S'il n'y avait pas eu Jean-Jacques, Fabienne et Rémy, je pense que l'association n'aurait pas fonctionné. J'ai toujours été au cœur de cette affaire, mais sans ces trois-là, rien de bien n'aurait été réalisé.
Nous rédigions et vélo-distribuions chaque mois un bulletin à la forme très appréciée. Des adhérents le distribuaient dans leur quartier. Fabienne et Rémy écrivent très bien. Jean-Jacques et moi confectionnions et organisions la distribution.
L'association, par ce bulletin, a eu une vie et s'est fait connaître dans la ville. Elle s'est aussi fait connaître par les bourses aux vélos où il y avait beaucoup de monde. Il y avait aussi des ateliers de réparation.

A VVV, ce qui nous a réuni était le développement du vélo, mais j'ai tenu à ce que l'association devienne une interface entre les citoyens, les élus et les techniciens, plutôt qu'un lobby. Nous ne cherchions pas exclusivement la compétence mais à rassembler des personnes.

La piste de l'avenue de la Résistance
Le premier aménagement pour le vélo a été la piste de la Résistance où notre association a été impliquée, et où nous avons eu un rôle positif parce que la municipalité ne savait pas du tout comment réaliser cette piste et elle s'apprêtait à faire de grosses bêtises.
VVV grandit. C'est un peu la courbe de Gauss : on arrive fin 2001 avec 244 adhérents, l'association est au sommet de cette courbe, et ensuite c'est une lente diminution.

La piste cyclable rues Lenain de Tillemont-Pierre de Montreuil
Cette piste cyclable qui longe le cimetière à partir du lycée Jean-Jaurès est une belle réalisation. Elle traverse le Bel Air et atterrit aux Grands pêchers. Elle symbolise notre volonté de faire comprendre aux élus que le vélo n'est pas que pour les bobos de Montreuil. Quand je voyais des pelotons de piétons lycéens longer ce cimetière dans des conditions catastrophiques, je leur ai dit "Faites un aménagement qui soit très agréable pour les piétons et qui nous rende service". C'était du temps de J.P.Brard, en 2003.
Cette piste est notre plus bel acquis.

Aucun aménagement sous la municipalité verte (2008-2014)
C'est apparemment surprenant mais en réalité normal pour qui connaît un peu le vélo et les Verts. Le vélo n'est absolument pas porteur politiquement. Oui à l'énergie solaire, à l'isolation : c'est génial, tout le monde peut le faire, on n'est pas mis en accusation. Quand j'ai lancé l'association fin 93, j'ai eu quelques rares adhérents mais pas un militant parmi les Verts. On pourrait imaginer que les Verts soutiennent le vélo, mais pas du tout.
Les gens ont une mauvaise image des cyclistes au quotidien, ils représentent la  liberté. Tout le monde est contraint : dans le métro, dans la bagnole. Nous les cyclistes, nous roulons vite, nous grillons des feux, nous sommes insupportables.

Pour pratiquer le vélo, encore faut-il en être capable !
Quand l'association a démarré, nous avons pensé piste cyclable tout de suite, mais nous avions oublié un truc absolument énorme, élémentaire : nous avions oublié que si nous voulions mettre nos compatriotes sur des vélos, il fallait qu'ils sachent en faire.
Pendant neuf ans, on n'y avait pas pensé et on n'avait rien fait dans ce sens. Les militants pour le vélo en France ne sont pas nombreux, il y en avait moins d'une centaine en 1993. Tous pensaient en premier aux aménagements de voirie.
Je ne savais absolument pas pourquoi les gens ne font pas du vélo : "Veulent-ils rester bien habillés, propres ? Ont-ils peur ?"
C'était le sujet qu'il fallait approfondir mais on ne l'a pas fait. Ont-ils peur parce qu'il n'y a pas d'aménagements cyclables ? Le vol ? Il faut des garages vélo sécurisés. Mais le sujet important, qui ne règle pas tout mais qui est, en fait, fondamental, c'est que ceux qui ont fait un peu de vélo dans leur jeunesse sont inaptes à rouler dans le trafic.

Pour ma part, j'ai commencé à faire du vélo tous les jours en cinquième, j'étais cycliste au collège et au lycée. J'ai commencé en septembre 62, et je suis devenu un marginal en 68.

La Vélo-école
Un homme me téléphone en juin 1999 et me demande "Pouvez-vous m'apprendre à faire du vélo ?".
Deux événements indépendants avaient eu lieu et m'ont fait lui dire "oui" :
1) En 1998, j'avais appris, avec beaucoup de difficultés, à faire du vélo à un neveu très pataud.
2) Toujours en 1998, j'avais acheté deux vélos pliants pour ma compagne et moi.
Avec ce vélo pliant où on peut mettre la selle très bas, les pieds peuvent reposer à terre. Avec en plus la méthode mise au point pour mon neveu, j'ai imaginé la méthode que je pouvais adopter pour un adulte.

Il y a deux types d'élèves dans la vélo école
1)  ceux qui ne savent pas du tout faire de vélo,
2)  ceux qui ne savent pas rouler en sécurité dans le trafic.

Pour moi ces deux sujets sont très distincts. Par quoi peut-on commencer ? On va commencer par la niche : les adultes qui ne savent pas du tout faire du vélo. Les vélo-écoles arrivent par ce biais-là.

Saint-Ouen m'appelle
la ville de Saint-Ouen m'appelle. "On a quelques Audoniennes qui voudraient devenir cyclistes". C'est une superbe idée. J'y vais, je donne une dizaine de cours, je leur dis : "Je ne vous apprends pas à rouler en ville, il faut d'abord être adroit sur un vélo". Donc pendant une dizaine de séances, j'ai cherché des exercices pour développer leur adresse, puis j'ai laissé tomber, parce que Saint-Ouen est trop loin.

Je redémarre à Montreuil
A la rentrée de 2002 je raconte cette expérience et je propose que nous fassions cet enseignement à Montreuil. Au Forum des associations, nous avions un stand et nous distribuions un tract : "Vous avez de 17 à 77 ans, vous ne vous sentez pas à l'aise à vélo, on va faire de vous des cyclistes urbains". Passent devant le stand trois jeunes femmes qui me disent "Super nous ne savons pas faire de vélo". L'idée c'était de faire une vélo école avec ceux qui savent rouler mais qui ne sont pas suffisamment adroits.

Ça a démarré comme ça, avec Henri qui a été mon seul associé pendant quatre ans. Tous les deux nous avons fait la vélo-école jusqu'en septembre 2006. Ce n'était qu'une petite pratique parce que j'étais encore très investi dans l'association VVV.

Baisse de VVV et naissance de la vélo-école
L'association a 10 ans. Je suis las et frustré. Le travail avec les élus et les techniciens est lent, très souvent improductif, mais je ne veux pas abandonner.
En 2002 avec la naissance de la vélo-école, je trouve enfin chaussure à mon pied

La vélo école est montée en puissance grâce à internet
La vélo-école a grandi brutalement à partir de septembre 2006, grâce à Internet. Au cours de 2006, je vais sur Internet comme si j'étais quelqu'un qui ne sait pas faire du vélo, je tombe sur un forum qui s'appelle "au féminin", où il y avait des échanges, des copines qui discutaient et une qui disait "je ne sais pas faire du vélo, vous auriez pas une adresse ?". Je rentre dans la discussion, "là, les filles, je sais faire". Je laisse mon numéro de téléphone.
La vélo-école décolle début septembre. Je demande à l'association "Il faut venir m'aider". Nous avons passé une petite annonce dans le bulletin, et là, trois militants viennent m'aider. On passe de deux à cinq moniteurs et de une à deux séances hebdomadaires.

Rémy, Jean-Jacques et Christophe Eugène, en tant que moniteurs, vont changer la donne et l'association ne va pas cesser de grandir. En 2007, il y a un superbe article dans le Monde. Une fois l'article sorti dans les kiosques, le vendredi à 13:00, à 17:00 FR3 demande à faire un reportage. Ce reportage est très beau et bien agencé et à partir de là nous sommes inondés de coups de fil. 

À cette époque, la vélo école s'est agrandie. Depuis 2002, tous les vélos sont chez moi. Je commence à dire à la ville "il faudrait me trouver un local". La vélo-école grandit, il est important qu'elle ne soit plus la seule affaire de François Fatoux. Un premier pas consiste à ce qu'elle sorte de chez lui.
Nous obtenons enfin un local le 1er avril 2009 au milieu de la cité du Bel-Air.

La vélo école : véritable entreprise  
A partir septembre 2006, la croissance va être régulière. Aujourd'hui il y a 120 vélos et c'est une véritable entreprise, avec 20 moniteurs au total. Nous achetons les vélos avec l'argent rapporté par les cours.
Actuellement nous sommes dans des caves qui sont très bien, dans une barre de la cité du Bel Air.
Il y a toujours eu un fil conducteur, même si l'activité initiale de VVV a totalement disparu, elle a été remplacée par la vélo école

Don gratuit et bénéfices secondaires
Nous-Montreuil : quelles fonctions remplit-on si on n'est pas des salariés, qu'est-ce que c'est qu'un don gratuit de son existence dans la fabrication d'une société ?
François : le don n'est pas gratuit, en faisant cette association, je me suis énormément enrichi. Pour moi l'action est un art de vivre.
Le vélo est absolument magique, comme l'avion. Je ne suis pas allé vers l'avion car cela demandait plus d'investissement, le vélo est plus simple et plus facile que l'avion. Je suis sur ce secteur-là parce que c'est là je suis le plus compétent et où j'ai le plus de plaisir. J'ai appris quelque chose en créant VVV à 42 ans.

Les tâches dans la vélo-école
Je m'occupe de l'intendance, ce qui est énorme. Depuis le 1er septembre, on a vu passer 500 personnes, c'est considérable. Samedi, il y avait 49 personnes et 50 dimanche. Ce sont des gens qui viennent de toute l'Île-de-France, il y a très peu de Montreuillois. 
Grâce à un ancien élève devenu moniteur, nous avons depuis 2 ans un système informatique opérationnel pour gérer les élèves et les moniteurs.

Le Public de la vélo-école : essentiellement des femmes
En résumé : 90 % de femmes, 80 % issus de l'Afrique et des Antilles et 20 % du reste, 10 % d'Européens et 10 % d'Asiatiques et de latino-américains. Mais ce qui se remarque, ce sont les 90 % de femmes, 80 % d'anciennes colonies. Ce sont des femmes intégrées dans la vie professionnelle. Celles qui restent chez elle, à part deux ou trois, ne viennent pas à la vélo-école. C'est notre grande faiblesse.
N-M : à Lounès Matoub, il y a un déjeuner le mardi matin où il y a beaucoup d'antillaises, d'africaines et des maghrébines. Je leur ai proposé d'apprendre à faire du vélo, en leur donnant le prix et toutes les informations, mais celles qui restent à la maison n'étaient pas en mesure de demander l'autorisation à leur mari.

Le vélo et les handicapés
J'apprends à de jeunes handicapés. C'est extrêmement passionnant et très difficile. Il y a quelque chose qui me pèse dans la vie, je n'aime pas diriger. Lorsque je suis obligé d'animer une vingtaine de personnes, je le fais de façon très cool, car je supporte mal les tensions.
C'est pourquoi j'apprécie de me retrouver seul avec un jeune handicapé. C'est parfois dur mais  toujours enthousiasmant. Certains pensent que le vélo est inaccessible à ces personnes.

Faire du vélo dans le trafic
La plupart des femmes, vont au terme de la formation mais il y en a très peu qui deviennent de véritables cyclistes. Apprendre à circuler dans la rue à ceux qui savent faire du vélo, ça ne s'est jamais fait.
On peut devenir facilement moniteur de vélo-école. Par contre devenir moniteur pour apprendre la rue, c'est beaucoup plus compliqué. Il faut être suffisamment rodé à la rue pour pouvoir enseigner.
Je ne suis pas capable de donner des chiffres. Je pense qu'il y en a une centaine de personnes qui ne savait pas du tout faire du vélo et qui sont maintenant de bons cyclistes sachant rouler.
La plupart du temps nos élèves sont des femmes qui sont bien intégrées à la vie économique mais par contre, elles n'ont jamais fait de sport. Par le vélo, elles ont une activité physique. On apprend même à des dames de 70 ans. C'est une activité corporelle très intéressante pour des gens d'un certain âge. Souvent des dames disent pour me flatter : "Tu nous a appris à faire du vélo, apprends-nous maintenant à nager". Si j'avais le temps, je leur apprendrai à nager, c'est une découverte du corps très intéressante.

L'autre intérêt de la vélo-école consiste en des rencontres de personnes d'origines très diverses qui ne se rencontreraient pratiquement jamais. Sénégalaises, Maghrébines, Antillaises font connaissance à notre vélo-école.

L'avenir de cette aventure
Nous avons fait œuvre de pionnier. Une demande considérable était ignorée de tous. Treize années, probablement plus de 20 000 heures de bénévolat ont permis de mettre au point une pédagogie et une organisation efficaces. Pour autant, est-il imaginable que cette demande, qui reste largement insatisfaite, puisse être principalement prise en charge par des associations de bénévoles ? En regardant ce qui se fait dans la trentaine de petites vélo-écoles françaises, comme dans les vélo-écoles d'Europe du Nord, la réponse est très certainement négative.

Il faudra des salariés pour pérenniser l'entreprise. Elle y perdra probablement un petit quelque chose. Mais le plaisir, pour ne pas dire le bonheur, que ces 2 100 dames et ces 200 messieurs ont eu à Montreuil avec les bénévoles de VVV en faisant leurs premiers mètres en équilibre, les pieds sur les pédales, sera, je l'espère, partagé par des milliers d'autres adultes, qui rêvent depuis des années de maîtriser cet engin, symbole de la liberté dont nous restons demandeurs, mais aussi de la simplicité, de la sobriété dont la société des hommes a aujourd'hui tant besoin. 

Propos recueillis par Ginette Lemaître et Jeanne Studer

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Commentaires  

+1 #4 Irène ADJIBI 07-07-2015 20:09
Émouvant de découvrir tout le chemin parcouru par la vélo - école qui peut se réjouir de continuer à faire des heureux tous les jours. Quand on a appris à faire du vélo enfant, on ne se pose pas de question. Mais quand comme moi, on a rêvé pendant 48 ans de faire du vélo, on a du mal à y croire.
Je n'en revenais pas ce dimanche d'Octobre 2013 de me voir donner 2 puis 3 coups de pédale de suite.
Merci pour cette belle photo que je découvre. Je vous assure que ce sourire que je pense Mendi a su capter exprime plus qu'une satisfaction. c'est le reflet d'une joie intérieure, l'expression d'un rêve qui devient réalité. Je le dédie à vous tous qui ne ménagez vos efforts pour partager avec nous votre passion du vélo:un instrument de plaisir et de liberté.
Merci à vous tous pour votre patience, votre disponibilité...
Pour moi, la vélo - école est plus qu'un lieu pour apprendre à faire du vélo. C'est un lieu de partage, d'échange...où se tissent des liens au delà de l'apprentissage. La vélo - école est une famille.
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0 #3 Joséphine 05-07-2015 10:18
La vélo école fait partie des démarches qui permettent l'autonomie, l'indépendance et des prises de consciences dans des actes qui apparemment, ne le portent pas, d'où mon intérêt suscité par cette association.
J'ai été très intéressée de découvrir le contexte dans lequel elle s'est créée. Ce n'est pas une association pour une association. C'est aussi un engagement démocratique, politique.
Joséphine
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+1 #2 François Fatoux 03-07-2015 19:42
Bonjour Fabienne, les double sens cyclables, c'est une décision nationale qui a été appliquée avec hardiesse à Montreuil, mais ce n'est pas une politique vélo.
Pas d'effort financier pour le vélo, pas de place prise à la voiture. Et dire que ça a considérablement amélioré la vie des cyclistes est très exagéré. Je ne connais pas de cyclistes qui évitent les grands axes depuis la mise en place des double sens cyclables.
Tu n'es pas en cause, c'est aussi ce que VVV a permis à quelques citoyens de découvrir : la loi donne le pouvoir exécutif au maire, quelle que soit sa couleur politique. La collégialité n'est qu'un leurre. Les conseillers, adjoints compris, ne font qu'approuver et dans le meilleur des cas proposer. Le maire décide.
Nous l'avions vu avec Brard qui avait imposé à son Conseil plus que timoré la piste Lenain de Tillemont/Pierre de Montreuil, le seul aménagement cyclable de qualité depuis la naissance de VVV. Idem pour la réduction drastique du trafic automobile en centre-ville en 2006/2007.
Dans ces deux circonstances, les Verts, à l'époque dans l'opposition, avaient été d'une grande timidité pour parler par euphémisme.
Je suis encore plus critique à l'égard des Verts parce qu'eux, au moins en parole, affirment qu'il y a urgence à réduire l'usage des transports polluants.

Mais mon propos était de relever l'impopularité d'une politique en faveur du vélo qui remet en question le comportement du citoyen bagnolard contrairement aux refus du nucléaire et des OGM qui ont l'immense avantage de ne pas s'en prendre aux habitudes du citoyen électeur.
Le courage politique consiste à braver cette impopularité. Courage qu'avait eu Brard avec grande parcimonie, mais que n'a pas du tout eu Voynet.
Aujourd'hui nous avons droit à l'hypocrisie d'un Gaylord Le Chéquer qui fait mine de marier les enjeux sociaux et écologiques et refuse l'usage du trottoir à quelques cyclistes dans la rude montée de la rue Babeuf.
On verra si Bessac qui affirmait sur ce site que les exonérations fiscales dont bénéficient les contribuables modestes ne sont pas compensées par l'Etat, alors que celui-ci les prend entièrement à sa charge, aura le courage de favoriser l'usage du vélo dans sa ville.

A l'heure de la COP 21, il y a, il y aura les bavards et ceux qui agissent et qui agiront. J'ai toujours eu un faible pour les seconds.
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+1 #1 Fabienne Vansteenkis 02-07-2015 17:03
Entre 2008 et 2014, la municipalité verte n'a pas "rien fait", nous avons créé des dizaines de double sens cyclables. Ce ne sont peut être pas des aménagements "en dur" mais ça a considérablement amélioré la vie des cyclistes à Montreuil en permettant la circulation dans les petites rues au lieu d'obliger à aller sur les grands axes.
J'étais adjointe, déléguée à l'espace public et je suis très heureuse d'avoir fait cela.
J'étais aussi la Fabienne citée dans cet article, et c'est VVV ( et Fatoux!) qui m'ont amenée à l'action politique. Et je suis toujours cycliste, même si je ne suis plus militante. Parce que c'est juste un moyen rapide et agréable de se déplacer
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