avril 2015

Après l'interview du maire (18/12/2014), et celui-ci du premier maire-adjoint, nous-nontreuil cherche à saisir la forme de gouvernance qui actuellement, dirige la ville de Montreuil.

Ibrahim Dufriche Soilihi (délégué à l’innovation, à l’économie sociale et solidaire) :
Depuis un an maintenant, avec les élus de la liste que j’ai eu l’honneur de conduire, Ensemble pour Montreuil, (rassemblement des écologistes et de citoyens), nous sommes co-responsables du fonctionnement de cette ville. La délégation que j’ai acceptée est le fruit d’une réflexion politique qui doit nous conduire à prendre à bras le corps nos responsabilités, au plus près des gens, pour construire un nécessaire nouveau modèle, écologique, solidaire, innovant.
En effet selon moi, trois caractéristiques qualifient le monde dans lequel nous vivons :

1) Nous sommes dans un monde complexe où il n'y a pas de solutions toutes faites.  Nous devons donc désormais inventer, créer, imaginer
2) Le monde d'aujourd'hui est caractérisé par l'accélération et la vitesse : on le vérifie avec la rapidité avec laquelle l’information circule, avec les nouveaux moyens de connexions notamment numériques… Cette accélération va avoir beaucoup d'impact sur notre manière d'envisager le temps présent, le temps futur et donc notre rapport à la pensée, notre rapport à l’action.
3)  l'incertitude. Cette incertitude apparaît plus grande qu'au siècle passé. Personne n'est en mesure de dire ce que sera l'avenir. Depuis la sortie de la 2ème guerre mondiale, nous étions dans un monde de progrès quasi continu. Bien des personnes sur le plan économique et philosophique, croyaient et pensaient à un progrès continu. La finitude des ressources, et les enjeux de préservation de la planète, les désordres économiques avec l’épuisement des modèles dominants alimentent l’incertitude et souvent la précarité. 
La question du dérèglement climatique impose une autre approche. Les conséquences économiques, sociales, sociétales, de ce dérèglement sont considérables et nous n’en sommes qu’au début : on sait que pour la température, si rien n'est fait, nous sommes à minuit moins dix avant la catastrophe, à minuit moins le quart, pour les plus optimistes. Si rien ne change, l'inévitable arrivera. Nous avons donc une responsabilité immense, notamment vis-à-vis de la jeunesse et des générations futures.

Les jeunes
nous-montreuil : Justement la jeunesse, quand on pense à tous ces jeunes qui partent au Djihad, ils ne trouvent pas de quoi réaliser leurs désirs dans notre pays.
I.  Dufriche S : C'est très grave. Puisqu'on n'arrive plus à se projeter, on fait les choses dans l'immédiateté et cela nous empêche de penser à demain et à des choses qui produisent du sens. Donc, ces jeunes qui, avec des diplômes ou pas, se sentent non concernés, voire relégués, en butte aux inégalités ou aux discriminations. Ils sont souvent sans perspectives, et  en tous cas, sans utopie mobilisatrice,  alors ils se raccrochent à quelque chose qui conjoncturellement, parait produire du sens.
n-m : que peut-on faire concrètement quand on est 1er maire-adjoint ?
I. D. : Nous devons proposer des perspectives, alimenter le sens commun…Nous devons nous soucier de l'idée d'inventer. En tant qu'élus responsables, nous n'avons pas La solution, nous devons apprendre à créer ensemble, à imaginer ensemble, à inventer ensemble.
C'est là que l’innovation prend son sens. Par exemple, pour imaginer dans le mode de gouvernance ce que j'ai appelé les coalitions temporaires, c'est à dire qu'à chaque problème majeur tels que l'habitat, l'énergie, le transport, le climat, il peut y avoir différentes solutions. Pour chaque problématique, on se met autour de la table, les habitants, les experts, les élus, les artistes, tout le monde…oui, les artistes ont une « utilité sociale » majeure, parce que les artistes ont une démarche par définition, créative.

Mise en œuvre de la mobilisation autour de la COP 21
I. D S. : La Conférence mondiale sur le climat va se tenir dans notre département, au Bourget, du 30 novembre au 11 décembre de cette année. C’est pour nous l’occasion d’aborder cette question du changement climatique en lien direct avec la population et d’articuler la question écologique avec les préoccupations sociales qui sont fortes.
A Montreuil depuis quelques années et notamment sous la dernière municipalité écologiste, la transition écologique a été fortement engagée : rénovation thermique de milliers de logements sociaux, école Stéphane Hessel, à énergie positive, Plan climat énergie territorial… Cela met en évidence que la problématique du climat ne se limite pas à la météo, au soleil : c'est notre rapport aux énergies fossiles et à la façon dont on produit, on consomme, on construit, etc ...
Dans le secteur associatif et de l’économie sociale et solidaire, fourmillent des dizaines d’initiatives et de démarches qui s'inscrivent dans une démarche de transition écologique. Nous allons donc saisir l’opportunité de cette Conférence pour valoriser tout ce qui a été fait, tout ce qui se fait et va se faire comme par exemple avec la géothermie. Et puis amplifier la sensibilisation auprès de tous et des jeunes en particulier, pour vulgariser les gestes du quotidien par exemple.
Il y aura des ateliers qui seront animés par des spécialistes, qui vont expliquer aux habitants de Montreuil, comment réduire leur facture d'eau, leur facture d'électricité, ils vont fabriquer eux-mêmes des petits capteurs qu'ils vont implémenter dans leur boîtier d'électricité et ils verront dans leur maison ce qui consomme le plus.
A la lecture de leur facture, ils vont pourvoir visualiser la quantité consommée par la machine à laver, par le frigo. J'ai envie que les gens aient cette prise de conscience.
Le but est que tout le monde, jeunes et moins jeunes, à travers cette COP 21, dans notre ville, se sente concerné.

n-m : Les gens pourront-ils faire des propositions, notamment avec la mise en place d'un Cahier des Charges ?
I. D. : Oui, nous avons d’ailleurs tenu une première réunion à laquelle ont participé plus d’une trentaine de structures associatives de la Ville, pour entendre leurs propositions et agir de concert avec eux. Le 30 mai, place Jean Jaurès, se tiendra une première manifestation de lancement de la mobilisation qui témoignera je n’en doute pas, de la vitalité associative qui a cours à Montreuil.

Le compost au centre-ville, un exemple de dysfonctionnement :
n-m : à l'initiative de l'association Sens de l'Humus, il a été décidé d'installer un compost au centre-ville, les habitants réunis ont travaillé et choisi six lieux pour l'emplacement de ce compost. Au dernier moment la mairie a décidé autoritairement du lieu, sans demander l'avis à personne. Les personnes de ce collectif étaient en colère. D'où la nécessité d'un Cahier des Charges.
I. D. : Dans ce type de démarche, il y a forcément des difficultés quand on entre dans le concret…. Pour être dans une démarche d'innovation, il faut associer l'ensemble des acteurs.
n-m : les antennes de quartier pourraient-elles faire ce relais ?
I.D. : Les antennes de quartier remplissent en effet une mission essentielle de service public au plus près de la population.

n-m : au sujet des associations, celles-ci n'ont pas toujours les structures et les moyens de monter des dossiers de subventions. Une mairie elle, possède des techniciens qui savent monter des dossiers. Seront-ils  le relais des associations ?
I. D. : Ce service existe : le SMRVA est à la maison des associations avenue de la Résistance.
n-m : êtes-vous en capacité, par votre statut, de faire de l'innovation sur le fonctionnement de la municipalité ? Par exemple, vous devez être sensible aux questions des bibliothèques qui sont fermées entre midi et 2 heures et  après 18h. Comment les gens qui en ont le plus besoin: les travailleurs, peuvent-ils emprunter les livres ?
I. D. : J'essaie d'agir dans cette innovation à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de la collectivité.

Le numérique
A l'intérieur, j'ai entrepris un plan de la modernisation en améliorant la relation citoyenne, par les outils numériques. D'ici la fin de l'année nous aurons mis en place la gestion de la relation citoyenne, qui a pour but de faciliter les démarches des habitants et le travail des agents.
Les habitants de Montreuil n'auront pas forcément besoin de se déplacer pour un certain nombre d'actes qu'ils doivent faire actuellement à la mairie. Ils pourront les faire de chez eux.
Avec l’application "Montreuil au bout des doigts", vous pouvez signaler ce qui dysfonctionne :
un lampadaire, un tas sauvage…vous le signalez, et éventuellement, vous faites une photo.
La fibre optique
Nous agissons pour la mise en place dans toute la ville de la fibre optique. C’est une meilleure qualité des connexions, utile pour les entreprises, mais aussi pour les écoles, dans lesquelles ont été installés  des tableaux numériques…

MVE : économie d'énergie
- MVE (Maîtrisez Votre Energie) se charge des économies d'énergie, elle vient d'être soutenue par le Conseil Régional. Depuis peu, cette association est en capacité d'avoir une action auprès des familles modestes qui vivent dans des pavillons qui sont de véritables passoires énergétiques. Un montage permet à ces familles de bénéficier d'aide pour leur logement.
C'est fait par l'ADEME. Les familles modestes peuvent bénéficier d'un prêt quasi à taux zéro, de 15 à 30 000 euros, et en fonction des ressources, elles peuvent avoir des aides associées.
Nous allons développer ce programme pour environ 100 pavillons par an, et de plus nous essayons d'organiser en réseau les ouvriers qui font ces travaux, afin qu'ils puissent être formés pendant qu'ils accompagnent ces familles de manière à avoir le label MOOC.
Nous jouons sur deux populations : les petits artisans qui vont avoir non seulement du travail mais une qualification à la clé, et les familles modestes, qui vont trouver une manière d'améliorer leur logement. C'est aussi de l'innovation.

Budget alloué aux citoyens pour leur ville
Le budget participatif va être lancé. Pour le prochain budget 2016, la population va pouvoir faire des propositions pour des aménagements a réaliser.
n-m: y aura-t-il une consultation ?
I. D. : tout à fait. Tous les habitants peuvent participer, proposer, et voter à partir de l’âge de 11 ans. 

Culture et politique
n-m : sur la culture vous avez un tapis rouge pour innover. Montreuil a été le lieu de conflits où il y a eu une confusion entre le pouvoir politique et les lieux de création : le Méliès, le 116 et d'autres.
S'il y avait une commission tripartite qui soit composée d'artistes, de politiques, de représentants d'association ou de citoyens, ce serait à elle de décider des nominations des responsables.
I. D : ça existe pour le Méliès, c'est le Conseil du cinéma qui a été mis en place.
n-m : Dans plusieurs programmes du Méliès, l'édito a été écrit par le Maire et par Mme Alexie Lorca, est-ce leur rôle ? Les élus peuvent écrire dans le journal Tous-Montreuil, Ont-ils à intervenir sur les plates-bandes de la création ?
Il y a la nécessité d'avoir une Charte de fonctionnement. C'est trop tentant pour le politique d'intervenir.
I. D. : C'est le rôle du Conseil du cinéma tel qu'il a été mis en place. L'idée est que des personnes venant d'horizons multiples pensent l'offre culturelle.
n-m : Et les autres lieux culturels financés par la ville ? Nous aimerions savoir comment vous allez proposer des formes démocratiques.
I. D. : Il est toujours souhaitable qu’il y ait des concertations, que ce soit sur des problématiques d'aménagements, de transports, ou d'énergie…. Conseils de quartiers, Charte promoteurs sur l’urbanisme, Conseils citoyens sur les rénovations urbaines, Conseil des seniors, Forum municipal des Jeunes, Conseil de la Vie Associative…de nombreuses instances existent.
n-m : avec la participation des habitant dans certaines décisions ?
I. D.. : Oui

n-m : Est-ce que vous allez faire une information sur ce thème ?
I. D. : Je l'ai présenté en bureau municipal. J'ai demandé à Tous-montreuil de me permettre de faire une tribune, où je puis expliquer justement cette vision des choses.  Apparemment, il y a une procédure qui ne m'a pas permis de le faire.
Les coalitions temporaires consistent à se mettre ensemble, à décloisonner, dépasser les chapelles. Nous sommes habitants de Montreuil, nous voulons réfléchir collectivement et trouver la meilleure solution.

n-m : C'est un fonctionnement américain, des démocrates et des républicains sont capables de travailler ensemble sur un objectif précis, ça ne veut pas dire qu'ils sont en accord sur tout. C'est ce qu'on appelle nous consensus, dissensus.
I. D. : Nous cherchons tous à améliorer le Bien Commun. Il faut que nous soyons capables de travailler ensemble. De ce point de vue à Montreuil, nous expérimentons quelque chose.
Avec la fusion des trois listes,  où nous nous efforçons de développer, sans nier nos différences, une gestion commune: les Verts, le PS, le PC et le front gauche.  Nous devons penser l'intérêt collectif.  

n-m : nous aimerions bien avoir des pistes un peu plus concrètes sur l'intérêt collectif, le bien commun, le bien vivre ensemble. Est-il prévu d'informer sur vos actions favorisant le bien vivre ensemble que ce soit des squares, ou autres actions sur la ville ?

Les FAB LAB
I. D. : dans l'idée du numérique, de l'innovation et de l'économie sociale, j'ai pensé implanter dans les quartiers populaires des FAB LAB, des ateliers de fabrication comme il y en a déjà dans trois lieux à Montreuil : Mozinor, Ici Montreuil, et un dans la rue Molière.
Je suis favorable à l'implantation d'un FAB LAB par quartier.
Cela permettra à des personnes parfois en perte de confiance de réaliser : "Avec une imprimante 3 D vous pourrez fabriquer des objets réels, écologiques en recyclant et socialement utiles.
C'est l'autre idée qui constitue ce que j'appelle l'innovation sociale.
Simplon et les jeunes
Simplon est une école (à Montreuil) qui forme à l’informatique des jeunes qui sont sans qualification. Elle les forme à l'utilisation des outils du numérique pour qu'ils puissent aller voir les artisans, les commerçants de notre ville en leur proposant de développer des sites web. En 6 mois, ils acquièrent une qualification et ils deviennent des référents numériques. Dans cette école, on fait fi des diplômes. Nous la soutenons sur un programme " la formation de référents numérique" qu'elle a proposé au Conseil Régional, nous l'avons aidée à trouver son local.

Entreprises innovantes dans l'économie sociale et solidaire
I. D. : Nous avons 400 structures qui œuvrent dans ce qu'on appelle l'Economie Sociale et Solidaire. Certaines sont axées sur des problématiques d'insertion, d'autres sur la création purement économique et d'autres sont en soutien des besoins sociaux non satisfaits. Ces trois catégories représentent près de 5000 emplois.
Je travaille avec les services pour que nous montions en octobre les Assises de l'économie Sociale et Solidaire, que nous puissions mieux cerner les problématiques majeures qu'elles rencontrent, susciter l’échange d’expérience, envisager les potentialités à développer…
n-m : Quelles actions fait-on en faveur des jeunes des cités ?. Quelles sont les innovations qui pourraient les toucher ?
Les voyageurs du code
I. D. : J’ai cité le programme de développement des fab’labs. Pour les plus jeunes, nous avons développé à la bibliothèque un programme "Les voyageurs du code" en mai 2014, avec "Bibliothèque sans Frontière. L’apprentissage du code va également être proposé aux jeunes dans le cadre du temps périscolaire.

Urbanisme
n-m : Jusqu'à maintenant, les études de concertation n'ont pas été probantes.
La dernière réunion avec  Mr G.Le Chéquer dans le Bas-Montreuil : 20 personnes de la municipalité et 7 habitants. Dans ces cas-là, il serait préférable d'annuler la réunion. Nous constatons qu'il est difficile de mettre en place une véritable concertation. 
I. D. : Bien sûr, l’enjeu est d’élargir au mieux la participation des habitants aux concertations. Pour cela de nouvelles manières de faire sont proposées, avec les ballades urbaines,  avec le travail filmé, avec des systèmes de maquettes…

Pas d'innovation en urbanisme, pas de symbolique
n-m : que ce soit sous Brard, sous Voynet, et maintenant sous Bessac  vous n'avez pas cherché à faire venir des jeunes architectes qui fassent des constructions un peu innovantes.
Par exemple, des promoteurs qui avaient essayé d'intégrer une part symbolique dans leur projet de construction, compte tenu des événements qui s'étaient produits sur le lieu, n'ont pas obtenu l' accord, bien au contraire.
Il y a une absence de pensée symbolique. Le symbolique est une force de vie.
I. D. : le symbolique, pour moi, repose sur un système de valeurs, sur l'imaginaire, une manière de se projeter.  C'est  très important.
J'étais le premier à applaudir des deux mains quand D. Voynet a décidé de nommer la place "Aimé Césaire", place qui a été inaugurée par Christiane Taubira.
 
n-m : pourriez-vous penser à un  colloque sur le "tout-monde" (Glissant) ? Dans cette ville, il y a 80 nationalités. Pourriez-vous envisager de faire une Maison du Monde ? Ce sujet avait été évoqué et travaillé en petit groupe à la suite d'un Forum Social Local, il y a pas mal d'années.
I. D. : Il est vrai qu’il faut dépasser la simple juxtaposition et favoriser les échanges.  A  l’occasion de la COP 21, près de 50 000 militants du monde vont venir dans notre département C’est l’occasion pour nos concitoyens qui le peuvent d'ouvrir leur maison pour accueillir des personnes C'est une façon de créer des contacts, la rencontre à l'autre etc... c'est très important.

Place des partis dans la gouvernance d'une ville
Avec notre liste écologiste et citoyenne, Ensemble pour Montreuil, nous nous sommes engagés à rendre compte régulièrement de notre mandat auprès des électeurs, auprès des habitants, nous allons donc le faire.
Je ne suis pas adhérent du parti Europe-Ecologie-Les-Verts, je suis de la société civile. Car je crois que la forme « parti politique » a besoin d'un fort renouvellement : c’est ce que l’on constate un peu partout avec la perte d’adhérents. De nouvelles formes d’engagements apparaissent qui nous intéressent ; je pense par exemple au mouvement "Podemos" en Espagne. Je crois que l’écologie politique est le vecteur essentiel et d’avenir, du renouvellement nécessaire de la vie politique.
Dans la gouvernance qui associe plusieurs partis, le pluralisme politique est une richesse précieuse pour la démocratie. Mais la compétition entre partis, qui existe toujours, doit se faire sans hégémonie et dans le respect des autres et c’est forcément toujours compliqué. La solidité de l’engagement se tient pour moi dans la durée, nous sommes élus pour servir la population pendant 6 ans, nous devons honorer cet engagement pris devant les électeurs, tout en restant nous-mêmes.   Car être élu n'est pas un métier. Pour moi, j'ai ce mandat, mais je continue à travailler.
n-m : C'est un art, ça ne devrait jamais être un métier.

Propos recueillis par Ginette Lemaître et Jeanne Studer

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