Tony Gatliff, réalisateur de cinéma, Rrom, a dit, en parlant de son peuple : 
« On n'a pas besoin d'aide, on a besoin de justice ! "

Faire justice, c'est d'abord reconnaître que les Roms ont souffert. Rendre justice à ce peuple, lui rendre son histoire. Les Rroms n'ont jamais fait acte de leur histoire.

Tony Gatliff met bien l'accent sur le fait que les Rroms n'ont pu inscrire leur histoire et que de ce fait, on ne les a pas reconnus. Peuple sans territoire, s'installant dans les pays au gré de leur errance, leur histoire a été écrite par d'autres. Ils ne se sont pas affirmés comme sujets, énonciateurs de leur propre parole, et comme ils n'ont pas fait valoir leurs droits, personne, ou presque, ne veut les reconnaître. 

Sans reconnaissance, sans histoire, sans justice, sans territoire, ils sont bien souvent considérés comme des êtres déviants, chargés de bien des maux, toujours en accusation.

Ont-ils œuvré pour se faire reconnaître de leurs concitoyens, pour faire savoir qu'ils ont été des esclaves pendant plusieurs siècles en Roumanie, et que pendant la seconde guerre mondiale, dans toute l'Europe, ils ont été acheminés vers les Camps de la mort au même titre que les juifs ? 

Les Juifs eux, ont su crier haut et fort que leurs frères les avaient maltraités et assassinés. Leur message est largement passé, aidé par le procès de Nuremberg ! On a reconnu l'holocauste, l'horreur des crimes nazis. 

Pour les Rroms, rien de tout cela. Comme l'écrit n'est pas dans leur tradition, ils n'ont rien écrit. Ils ont gardé pour eux le secret de leur histoire et la façon dont ils ont été traités et assassinés. Et comme cela n'a pas été « reconnu », même par eux-mêmes, sauf par une petite minorité, ils portent toujours ce poids en eux, et continuent à être pourchassés et maltraités. 

En fait, il n'ont pu dire à l'Autre : « Tu es mon frère et tu vas écouter mon histoire ! »

Non, ils vivent entre eux, ne cherchant pas à faire reconnaître leur vérité, et ce qui est plus dommageable, leur existence. Ils se défient des autres : les gadgés (non-rroms) à qui ils mentent volontiers pour protéger leur identité fragile.

Faut-il souhaiter pour eux qu'ils changent ? Qu'ils accèdent à l'écrit, à leur histoire, et qu'ils racontent à la face du monde combien ils ont souffert ? Combien ils ont été déconsidérés et traqués ?
Le veulent-ils ?
Le peuvent-ils ?
Le premier désir de beaucoup d'entre eux est de devenir comme les autres citoyens, d'avoir un travail, gagner de l'argent et s'installer avec leur famille. Une fois cette première étape franchie, ceux qui les traquent sans cesse, voudront -on peut l'espérer- bien les reconnaître...  Mais combien de temps sera nécessaire afin que toutes les barrières entre les Rroms et les les non-Rroms soient abattues ?

La patience, l'accueil de l'Autre « différent » serait également indispensable.

Ne devons-nous pas  travailler sur les conditions de leur accueil ? Les construire avec eux, les peaufiner, faire des allers et retours constants entre eux et nous. Être dans l'attention la plus grande et le respect, le respect de ceux qui ne sont pas comme nous, mais qui ont droit à tout notre intérêt, et qui peuvent, si on le veut bien, nous enrichir en nous apportant ce qu'ils ont si patiemment construit au fil des âges et des siècles : leur capacité à vivre et à être heureux quoi qu'il arrive !

Jeanne Studer 

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