"Le collectif 65 bis"
Ils sont à Montreuil depuis déjà à peu près deux ans, voire plus. Se retrouvant à la rue, ils ont établi un campement dans un coin du square de la République, rangé, propre. Mercredi matin à 6 h. des cars de CRS et un engin de déblaiement ont tout enlevé, le peu qu'ils possédaient, notamment pour s'abriter. Alors depuis, ils sont sur le trottoir, à côté de la grille du square. Ils sont jeunes, résistants, ne semblent pas déprimés, souriants... Leur groupe s'appelle "collectif 65 bis". Si on les recherche sur internet, il y a des bribes de récit, des paroles, de la poésie, leur histoire.
La population environnante se montre très solidaire. Les voisins apportent soupes et boissons chaudes, des habits, des couvertures. Tous les commerçants ont signé une pétition en leur faveur sauf un.

Journal d'une jeune femme :
Bonsoir Chacune, Chacun,

Un jour de plus de silence assourdissant, d'absence aveuglante des élus.

Cerise sur le pompon, hier soir, Manon Laporte (UMP) est passée. Après avoir déclaré je crois qu'elle resterait jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée, elle s'est souvenu avoir un rendez-vous à Rosny sous bois. Depuis, elle n'a pas reparu.

Je suis de permanence à la compostière. Issou m'aide à l'ouvrir, Maroc à la fermer. Il me dit aussi avoir acheté un cahier pour noter et relater cette expérience.

Des voisins qui avaient contribué les premiers jours de novembre à améliorer le confort - bien que le terme me semble bien exagéré - du premier campement, ont témoigné avoir également ressenti beaucoup de violence à voir les effets de leur solidarité réduite à néant en deux coups de pelleteuse mardi dernier. on gratte encore les fonds de placard... encore besoin de vêtements chauds, de couvertures.

Comme c'est samedi, il y a eu des visites et le soleil de l'après-midi permettait de recevoir dans de bonnes conditions (!). Djibril me tend son téléphone : c'est sa nièce qui me demande de trouver une solution, la situation est intolérable. Une cassette passe de la musique des Donzos, confrérie de chasseurs traditionnels du Mali.

Pour la nourriture, ce soir encore, de l'aide venue de plusieurs parts. Soupes chaudes, sandwiches....
et encore cette nuit, Matéo acceuillera plusieurs personnes.
Deux fois une heure au téléphone à appeler le 115, avec le succès que vous imaginez.

et comme la situation a l'air de s'installer dans la durée, après avoir retenu notre souffle tous ces derniers jours, il faut recommencer à s'organiser au quotidien, envisager d'avoir à durer dans ces circonstances usantes. Reprendre des forces pour continuer.

un poète entendu dans une émission de France culture parlait de la poésie comme des 2 mm d'oxygène au ras du sol et qui permettent de survivre. Ma contribution à cette poésie de survie sera certainement dans les prochaines semaines de faire des lessives. J'ai bien fait d'investir dans une machine Siemens économe !

Je réfléchis encore à comment faire connaître plus la situation : je pense au Casa poblano, même s'il ferme bientôt, à Comme vous-émoi.

J'attends le prochain "Tous-montreuil" avec impatience ... qu'y aura-t-il dans les rubriques d'expression de l'opposition ? Quels comptes-rendus des après-midis de Noël pour les enfants ? quelles auto-congratulations de la Mairie sur leurs dernières réussites ?

je me demandais également si l'épisode de mardi était un indicateur de l'efficacité de l'Etat dans tous ses états : 120 CRS pendant 4 heures pour déplacer 19 personnes pacifiques et désarmées de 5 mètres...

et aussi, question que je me posais de temps en temps sans y réfléchir vraiment : quelles violences peuvent être légitimes ? Que faire quand la violence de l'Etat perd sa légitimité ?

 

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