Depuis presque un an la municipalité s'acharne contre notre cinéma, le Méliès. Le directeur artistique, Stéphane Goudet, a été renvoyé et les deux régisseuses ont été déplacées dans d'autres services. L'équipe a fait grève pendant 46 jours montrant ainsi sa solidarité vis-à-vis de leurs collègues.

En disloquant l'équipe qui faisant toute la valeur de ce cinéma et assurait son succès, la municipalité a pris la responsabilité de perdre de ce cinéma d'exception, ce qui a suscité beaucoup de réactions chez un grand nombre de montreuillois… Depuis que le cinéma a réouvert après la grève, avec une nouvelle équipe, la fréquentation a baissé de façon alarmante : plus de la moitié des spectateurs sont partis vers d'autres salles ou d'autres activités, rebutés semble t-il, par l'orientation prise par le Méliès, que ce soit au niveau du choix des films ou des horaires.

Des pétitions ont été signées et une lettre ouverte a été envoyée le 24 juin dernier à Mme La maire avec l'objectif de la réintégration du personnel. Le Collectif des Spectateurs Indépendants du Méliès ou C-Ism qui s'est formé en cette occasion, n'a pas l'intention de faiblir dans ses actions, révolté à juste titre qu'on détruise un cinéma d'art et d'essai qui avait fait largement ses preuves.

La raison évoquée par la Mairie était des malversations financières graves commises par l'équipe et le directeur artistique. L'enquête effectuée par le CNC (1) signale plutôt quelques failles, d'ailleurs aussi bien dues à la négligence d'un élu municipal qu'au personnel censé obéir aux ordres. Le détournement de fond faramineux invoqué par la mairie n'est finalement qu'une caisse parallèle mise en place pour des films sans visa, et ne concerne que quelques centaines d'euros euros sur 12 années d'exercice.

Mais depuis toute cette histoire, et encore maintenant, l'équipe en place se fait harceler par les instances municipales, qui font tout leur possible afin que cette malencontreuse aventure soit oubliée au plus vite par le public montreuillois.

Récemment, le cinéma a projeté le film « Grandir », film réalisé par une cinéaste montreuilloise : Dominique Cabrera. Les membres de l'association Renc'art et du C-Ism étaient venus en nombre à cette séance, pour débattre du film avec la cinéaste, présente dans la salle. Mais l'idée d'un débat n'était pas du goût de la maire, qui a voulu l'interdire et faire évacuer la salle. Rappelons aussi que ce débat avait été proposé par l'association Renc'art à l'élu à la culture et à la directrice du cinéma qui ne s'y étaient pas opposées. L'interdiction venue a postériori est d'autant plus choquante.

Le débat avait déjà commencé lorsqu'une employée du cinéma est venue l'interrompre en transmettant l'ordre venu de sa direction. Le public a refusé de quitter la salle et le débat a continué après le départ de l'employée : débat centré uniquement sur le film et non sur le conflit entre la municipalité, le C-Ism et Renc'art. A l'heure où le cinéma devait fermer, les spectateurs ont quitté la salle.

Là-haut, près de la caisse, l'employée était en pleurs, s'étant fait rappeler à l'ordre à plusieurs reprises par sa directrice. Elle devait faire un rapport sur ce qui s'était passé : le refus des spectateurs de quitter la salle et leur persistance à vouloir faire un débat avec la réalisatrice ! Nous l'avons assurée que nous signerions ce rapport, et nous lui avons remis deux pages de signatures.

Tout cela interroge sur la place de la culture au sein de la municipalité. La culture ne doit-elle pas être indépendante du pouvoir en place ? De personnes qualifiées réunies en Conseil de cinéma, ou d'un directeur artistique de valeur, comme l’était la personne licenciée ? Si la municipalité commence à vouloir encadrer ce qui est de l'ordre de la culture, elle outrepasse largement son rôle. De plus, a t-elle compétence pour le faire ? Il nous semble que non. L'autre soir, les spectateurs du film « Grandir » l'ont bien exprimé en refusant de quitter la salle et en continuant le débat.

La municipalité n'ayant pas de pouvoir sur le public, à moins d'envoyer la police, s'est vengée sur l'employée qui n'a pas pu se faire obéir. Image désastreuse du pouvoir qui, ne sachant pas se faire respecter et estimer par ses choix, s'en prend à ceux qui sont à son service et les harcèle. Nous les spectateurs, sommes consternés devant une telle incurie !

(1) CNC - Centre National du Cinéma. Consulter ce rapport sur le blog du C-Ism : http://lemeliesenlutte.canalblog.com/

Luna

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