Quand je suis arrivée à Montreuil, on m'a demandé si je savais comment sont nommés les habitants de Montreuil. J'ai essayé "Montreuillois", "Montreuillais"... "Non", on m'a dit, "ce sont des "Intermittents du spectacle"".

Effectivement, Montreuil compte plus d'intermittents, proportionnellement au nombre d'habitants, que n'importe quelle ville de France. Il y en a certainement dans votre entourage. Comment on reconnait un intermittent ? Si on en juge par le MEDEF, c'est un privilégié, profiteur, voleur potentiel, une espèce à faire disparaître. Si on juge par les intermittents eux-même, on trouve de tout : des artistes fauchés et même pas indemnisés, d'autres indemnisés, mais difficilement, qui courent les cachets pour atteindre le nombre d'heures ouvrant des droits, d'autres encore gagnent bien leur vie (et c'est tant mieux) et d'autres encore "profitent" d'un système de façon abusive, notamment parce que leur employeur utilise ce système frauduleusement pour éviter de leur signer un CDI. Ces employeurs abusifs sont souvent des grandes entreprises comme les chaînes de radio et de télévision.

Le régime des intermittents est renégocié à chaque échéance et chaque fois il est remis en cause, pour des raisons d'économie, soit-disant, en réalité parce qu'il est une brèche qui permet de voir une autre façon de traiter le parcours professionnel. Ce qu'il a d'insupportable pour ses détracteurs, c'est qu'il sécurise les revenus d'une personne qui ne peut pas travailler 35 heures par mois, tous les mois, toutes les années de façon rémunérée. Au contraire du chômage "classique" qui cloisonne bien clairement le période d'activité salariée et la période de chômage, chez les intermittent tout se mélange : tel-s jour-s travaillé-s, tel-s jour-s pas, et pas de délais de carence pour être indemnisé pour les jours non rémunérés. Les jours non rémunérés ne sont pas forcément des jours non travaillés : par exemple, une pièce de théâtre est payée lorsqu'elle est jouée, mais pas toujours pendant les répétitions...

Donc, pour la xème fois, et sûrement pas la dernière, les intermittents sont en lutte : http://reporterre.net/La-bataille-des-intermittents-pose-la-question-de-la-precarisation-croissante

L'article de Reporterre pose la question de la précarisation des tous les emplois. Pourquoi ne pas généraliser l'indemnisation de jours non rémunérés à tous les chômeurs ? Se pose rapidement aussi la question du salaire garanti, à vie, que l'on travaille ou pas : http://revenudebase.info. Ces réflexions sont anciennes mais elle sont aussi très modernes, car d'idées générales elles sont maintenant étudiées par des économistes et mise en pratique, à titre expérimental, dans différents endroits à travers le monde, avec succès.

Il est tant que nous nous y mettions aussi.

Sylvie rabie

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