En écrivant ce poème LES VILLES, je pensais à l'évolution de notre ville. Montreuil est à côté de Paris, et déjà Paris est devenue une ville propre et riche, où il n'y a pas de place pour les « sombres » quartiers et qui repousse à sa périphérie, les indésirables ! 

Ces villes peu à peu si bien organisées, si bien entretenues, vont utiliser tous les espaces...

Ce que j'aime dans la ville, ce sont les terrains en friches, les ruelles un peu cachées, longeant des zones de non droit, des lieux  oubliés, un peu à l'abandon. Des lieux que les pauvres peuvent encore utiliser...


Cette ville créée de bout en bout par les hommes, laissera t-elle une place au rêve, aux créations spontanées, imprévisibles ?
Laissera t-elle la place, cette ville bardées de codes et d'interdits, aux pauvres, aux étrangers, aux voyageurs, ceux et celles qui sont nés  comme nous sur cette terre ?
Au nom de quoi, en sommes-nous plus propriétaires, plus autorisés que ceux et celles-à, tout là-bas, tout près de nous aussi ? 

LES VILLES

  La propreté, les riches dans les villes
  Repoussent toujours plus loin leurs frontières,
  magnifiques, admirables !
  Les maisons, les immeubles aux façades éclatantes
  Karcherisées
  Etincellent dans le soleil.
  Les routes aux pavés alignés, aux trottoirs sans failles,
  S'enfoncent sous les arcades !
  Les portes avec leur barreaux ne laissent entrer personne
  Il vous faut votre code, votre numéro !

  A la frontière des villes propres
  On repousse toujours plus loin
  Les pauvres !
  Les drogués !
  Aucun repos, aucune halte
  Ne leur sera réservée
  Où est le paysage tremblant ?
  Les petits sentiers qui s'enfoncent dans le dédale des rues tortueuses ?
  Parsemées de mauvaises herbes
  Et d'arbustes chétifs
  Où est le mystère des terrains vagues
  Où les enfants des rues ont établi leur royaume,
  et leurs jeux ?
  Ville inquiétante...
  Pleine de surprises
  L'obscurité réside derrière les maisons abandonnées
  Les pauvres y ont trouvé leur couvert
  Ils s'y réfugient tremblants
  Ils participent à la ville
  Ils étoffent l'ombre,
  Notre ombre !
  Ils vivent de rêves et de nourriture impromptue
  Ils n'ont pas de passé ni lendemain
  Leur lumière est celle de l'instant
  Du partage d'un café
  De richesses découvertes dans nos poubelles

  Les pauvres essaient de meubler la ville,
  Malgré nous...
  Ils essaient d'assister les riches dans leur décadence.
  Un rayon de soleil les a trouvés
  Assis sur un trottoir, résistants,
  Maintenant leur désir de vivre
  envers et contre tout.
  Les pauvres déversent dans la ville propre
  Leurs bouteilles cassées, leurs matelas pourris

  La police les trouve, leur dit
  « Circulez, marchez, ne vous arrêtez pas,
  Vous qui n'avez pas de toit
  Allez montrer votre misère sous d'autres cieux,
  Sous d'autres lampadaires ! »
  Faites-vous oublier, nous n'avez pas votre ticket
  Vous n'avez pas payé votre redevance !
  Nous l'avons décrété : vous n'avez pas le droit d'y vivre !
  Quittez nos résidences altières
  Qui sont sans bavures !
  Quittez nos trottoirs alignés
  De vos pieds sales !
  Votre vue nous offense
  Elle nous blesse
  Elle réveille notre conscience
  Elle nous fait du mal ! 

Jeanne Studer

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