A propos du barrage de Sivens : des experts missionnés...

Après toutes les manifestations de protestation sur le site de Sivens, le gouvernement a missionné des experts. Leurs conclusions sont nettes : les besoins ont été surestimés, l’étude d'impact est de qualité très moyenne, le financement est fragile.....
Le rapport critique en effet une évaluation «contestable» des besoins «réels» d'irrigation, évoquant «une surestimation du volume de substitution destiné à l'irrigation d'au moins 35 %». Un surdimensionnement qui s'explique par une estimation des besoins, établie «sur des données anciennes et forfaitaires». «Le choix d'un barrage en travers de la vallée a été privilégié sans réelle analyse des solutions alternatives possibles», une situation d'autant «plus regrettable que le coût d'investissement rapporté au volume stocké est élevé». L'étude d'impact est qualifiée de «qualité très moyenne» et le financement du projet non encore complètement abouti.

Destruction de la bio-diversité

Les conséquences du projet sont désastreuses, à savoir la destruction irréversible d’une zone humide de 13 hectares – véritable espace de biodiversité où vivent 94 espèces protégées – le déboisement total de la zone, un coût d’investissement faramineux -financé par l’argent public- ne profiteraient qu’à l’intérêt d’une poignée d’exploitants qui répond à la logique d’une agriculture productiviste, anti-écologique et dépassée. Pour les écologistes, c’est une insulte faite à l’intérêt général.

Autres barrages :

Le barrage de Sivens est actuellement toujours en attente, stoppé temporairement depuis la mort de Rémi Fraisse. Les travaux faits à la hâte, sans permission, ont déjà détruit une partie de la zone humide, mais dans une autre partie de la France, la Manche, il est envisagé de détruire deux barrages -du Vezins et de la Roche qui Boit- ce qui permettrait à la Sélune de reconquérir plus de 20 km de vallée et de rétablir l’écosystème local.
FNE (France Nature Environnement) qui a fait part de ce communiqué le 25 novembre dernier, espère un résultat positif dans ce dossier.

Les bénéfices de la déconstruction...

En 1996, les premiers rapports tombaient en faveur du démantèlement des barrages de Vezins et de la Roche qui Boit. Et c’est seulement aujourd’hui que le parcours administratif s’achève avec la clôture de l’enquête publique. Celle-ci va peut-être valider définitivement ces démantèlements ! Une telle reconquête du cours d’eau permettrait de rétablir la migration de la faune (en particulier des grands migrateurs) et des sédiments. Cela procurerait également des bénéfices sur les plans agricoles (réouverture de prairies favorables à l’élevage extensif), touristiques et paysagers (multiples points de développement d’un tourisme adapté aux nouvelles demandes de loisirs plus proches de la nature), et même sanitaires (amélioration de la qualité de l’eau du fait de sa libre circulation et de l’auto épuration naturelle que procure une eau courante).

Barrages : un rapport bénéfices/nuisances pas toujours positif…
Josselin De Lespinay, membre du directoire Eau de FNE rappelle que : « Les barrages de Vezins et de la Roche qui Boit sont vétustes, produisent très peu d’électricité et nuisent inutilement aux écosystèmes. Ils font, par exemple, obstacle à la migration des poissons qui sont moins de 30% à accéder au bassin versant de la Sélune. Un barrage inefficace donc, dont le démantèlement est largement justifié. D’autres collectivités devraient suivre cette voie ! »

En France, près de 60 000 ouvrages (seuils et barrages), dont plus de 500 grands barrages, ont été construits sur les cours d’eau pour répondre à divers enjeux (production électrique, irrigation, etc.). Bien que certains aient une riche utilité en matière de production d’énergie, cet intérêt n’est pas toujours mis en rapport avec son coût environnemental, les enjeux patrimoniaux et de biodiversité. Ainsi, la plupart des nouveaux ouvrages ne permettent, dans le meilleur des cas, qu’un passage des poissons à 70% via des passes à poissons. Le calcul est simple pour constater que sur 10 ouvrages rencontrés, seuls 3% des poissons parviennent finalement à remonter le cours d’eau et à retrouver les frayères dans lesquels ils peuvent se reproduire...

Pendant que les uns démantèlent, les autres construisent…

Certaines collectivités ont pris conscience de l’inutilité de leurs barrages. Ainsi, environ 80 ouvrages ont été démantelés en France depuis 1980 et les écosystèmes ont depuis repris leurs droits. A titre d’exemple, la destruction du barrage de Maisons-Rouges sur la Vienne, a permis la circulation de
17 000 lamproies marines et 900 aloses par an. Mais en parallèle de ces démantèlements, de nouveaux barrages voient le jour alors que leur utilité publique n’est pas toujours démontrée. C’est le cas du projet de barrage de Sivens (Tarn), qui engendre la suppression, une fois de plus, d’une zone humide, riche en biodiversité et bénéfique, sous de nombreux aspects, à l’activité humaine…

Denez l’Hostis, président de France Nature Environnement : « Un barrage, ce n’est jamais anodin dans la vie d’un cours d’eau : cela nuit à l’écosystème, la vie des espèces et la santé de nos rivières. En France, de nombreux barrages (tels que ceux de la Sélune) n’ont plus aucune utilité mais restent en place par manque de connaissances ou de volontés politiques. C’est une très bonne nouvelle de savoir que des élus, tels que ceux de la Manche, en aient conscience et entreprennent de redonner vie à leurs cours d’eau ! Certains élus mériteraient d’effectuer cette prise de conscience. Je pense notamment à ceux des conseils généraux du Tarn et du Tarn-et-Garonne… ».

Jeanne Studer - sources : FNE et blog Pierre Mathon.

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