Le journal « nous-montreuil » a publié l'article « Le cinéma Méliès à Montreuil : d’une lutte à l’autre, pour que vivent les utopies» de Nathalie Astolfi.
Dans cet article, rempli d’émotion et de révolte, il y a une charge contre les abus de pouvoir de l’ancien maire et de l’actuelle mairesse, deux metteurs en scène différents pour deux mauvais films aboutissant à des licenciements et à des déplacements du personnel. En espagnol pour qualifier l’abus de pouvoir d’un alcalde (maire) nous utilisons le mot alcaldada; pour une alcaldesa (mairesse) alcaldesada. Alcaldada de Brard d’abord, alcaldesada de Voynet ensuite.


Dans le texte de Nathalie Astolfi sur le Méliès il est également question d’utopies libertaires et, pour illustrer son propos, elle met à l’honneur trois anarchistes : Nestor Makhno, Louise Michel et Buenaventura Durruti. Ce sont eux qui vont me servir de prétexte et, peut-être, guider ma plume pour la suite.

 

Louise Michel(1830-1905)

Je commence par Louise Michel (1830-1905) car chronologiquement ce fut la première de la triade. Elle est aussi la plus connue en France où on peut trouver toute sorte de documents -des livres, des bandes dessinées, des films- et même des écoles (hommage logique à l'institutrice qu'elle fut). Je me bornerai donc à rétablir in extenso la citation sur le pouvoir effectuée par Nathalie Astolfi. La voici :

« Si un pouvoir quelconque pouvait faire quelque chose, c’eût été la Commune, composée d’hommes d’intelligence, de courage, d’une incroyable honnêteté… Le pouvoir, incontestablement, les annihila… C’est que le pouvoir est maudit, et c’est pour cela que je suis anarchiste… ». ( Mémoires de Louise Michel).

La photographie en costume militaire nous rappelle la courte période (mars-mai 1871) pendant laquelle Louise Michel combattit les armes à la main, chassepot à la main plus exactement, les Versaillais de Thiers.


Nestor Makhno (1889-1935)

L’anarchiste Nestor Makhno (1889-1935) est quelque peu tombé en oubli, même si un certain nombre des Nestor doivent leur nom, à commencer par Nestor Burma, au Robin Hood ukrainien. Makhno est né à Gouliaï-Polié dans le sud-est de l’Ukraine. Condamné à mort à dix-huit ans par l’état tsariste, puis gracié, il fut libéré en février 1917 par l'amnistie du gouvernement Kerenski. Makhno prit l’initiative d’organiser socialement -la commune libre- et militairement -la guérilla- les paysans du sud de l’Ukraine qu’il défendit contre les occupants autrichiens, contre les armées blanches de Denikine et Wrangel et, enfin, contre les rouges. Cerné par les bolcheviks, en août 1921, Makhno se réfugia en Roumanie, puis en Pologne où il fut emprisonné. En 1923 il s’établit à Paris, à Vincennes rue Diderot et en 1935 il mourut tuberculeux à l’hôpital Tenon. Il reste toujours la légende de Bakto (père) Makhno et le mouvement indépendant des masses paysannes du sud de l’Ukraine.

Merci à Nathalie Astolfi pour la citation du père Nestor, clin d’œil on ne peut plus opportun compte tenu de l’actualité ukrainienne. Conseil à ceux qui voudraient approfondir le sujet : voir le documentaire « Nestor Makhno, paysan d’Ukraine » d’Hélène Châtelain (non, il ne s’agit pas de la secrétaire de Nestor Burma mais d’une réalisatrice de la maison de l’Arbre). Afin de ne pas tomber dans l’hagiographie, Pierre Archinoff -source peu suspecte car compagnon de Makhno et historien de la makhnovtchina- signale les deux principaux défauts du personnage : l’ivrognerie et son comportement envers les femmes (orgies et brutalité).


Buenaventura Durruti (1896-1936)

Buenaventura Durruti rencontra en 1927 Nestor Makhno à Paris et lui vint en aide (nous ne saurions pas dire si l’argent provenait d’une collecte ou d’une expropriation). En 1936 les collectivités agraires et le conseil d’Aragon, dont l’autonomie irritait tellement les staliniens, suivirent en partie les expériences de la makhnovtchina ukrainienne.

Durruti encore un mythe. toujours invoqué par les libertaires, il fut également pendant la guerre d’Espagne adulé par la propagande communiste (Mikhail Koltsov, Ilia Ehrenburg), filmé par le russe Karmen, et objet des funérailles grandioses en novembre 1936 à Barcelone. Le marxiste Hans Magnus Enzesberger lui rendit hommage dans « Le bref été de l’anarchie » et, un dernier pour la route, les bédéphiles liront avec profit « L’art de voler » de Kim et Altarriba. Mais, attention!, dans cette bande dessinée, il est question surtout des espadrilles magiques du héros et non pas de sa biographie. Et le Méliès dans tout ça ?

Je donne la parole à Nathalie Astolfi qui finit ainsi son article sur la lutte du Méliès :

« Faire vivre des contre-pouvoirs… c’est faire reculer l’injustice sociale. Nous sommes une armée de rêveurs et pour cette raison nous sommes invincibles. Comment ne pas vaincre avec cette imagination qui emporte tout?. Nous ne pouvons pas perdre, ou plutôt nous ne méritons pas de perdre. ».

La note finale n°4 renvoie à un disque hommage à Buenaventura Durruti (éditions Nato). En attendant de l’écouter la lutte du Méliès continue. (A Suivre).

Miguel Peciña

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