Dans cette période d'incertitude, nous pensons qu'il est important de ne pas se soumettre à la peur et aux solutions immédiates face aux mutations de notre société et à ses événements tragiques. Élaborons ensemble en s'appuyant sur des textes comme celui de Bernard Stiegler. Et pourquoi ne pas retrouver les chemins de la création résistante et travailler en commun ?

Pour le philosophe, directeur de l’Institut de recherche et d’innovation du centre Pompidou, la «disruption» constitue une barbarie «soft» incompatible avec la socialisation. La fuite en avant technologique produit une perte de repères et une désespérance qu’il est impératif d’assumer afin de repenser l’élaboration des savoirs et la macroéconomie.

Répondre par "oui" ou par "non" à une question réductrice ne conforte pas la démocratie qui doit être reconstruite
Par Corine PELLUCHON (publié dans Libération)

Contre celles et ceux qui estiment qu’il faut accepter comme étant démocratiques les résultats du référendum ayant eu lieu au Royaume-Uni, mais aussi à Notre-Dame-Des-Landes, je voudrais apporter un démenti fondé sur certains arguments.
Si je déplore, dans les deux cas, les résultats de ces deux référendums, j’aimerais me concentrer ici sur la légitimité démocratique de ce procédé et sur sa pertinence quand il s’agit de statuer sur des questions touchant la destruction irréversible d’un écosystème et l’avenir d’un pays.

Par Dominique Rousseau (publié dans Libération)

Parlement, partis politiques, syndicats : ces institutions intermédiaires, loin d’être un obstacle à la démocratie, en sont le creuset.

Le référendum ! Il faudrait être fou ou, pire, être de l’élite ou, pire encore, être un intellectuel hors-sol pour être contre le référendum. Quel démocrate pourrait s’opposer à un recours accru au référendum, c’est-à-dire, à l’expression directe, mieux, à la décision du peuple lui-même sur les grands sujets de politique ? Si la formule de la démocratie est «le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple» alors, sans aucun doute possible, le référendum est l’instrument idéal de la démocratie et tous ceux qui veulent en faire un mode normal de gouvernement, de Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, sont de vrais et bons démocrates.

Le référendum de Notre-Dame-des-Landes a donné le "oui" vainqueur. Nous nous posons la question : pourquoi une société binaire qui repose uniquement sur un "oui" ou un "non"? Ne devons-nous pas comprendre que la croissance forcenée qui a été la nôtre depuis des décennies, est destructrice de notre environnement naturel et social ? Ne serait-il pas temps de réduire notre croissance ? Savoir être heureux simplement avec toutes les merveilles offertes par la vie sur terre sans vouloir toujours plus...

L'article suivant est un article de Reporterre relatant la complexité de ce dossier.

Quand je suis arrivée à Montreuil, on m'a demandé si je savais comment sont nommés les habitants de Montreuil. J'ai essayé "Montreuillois", "Montreuillais"... "Non", on m'a dit, "ce sont des "Intermittents du spectacle"".

Effectivement, Montreuil compte plus d'intermittents, proportionnellement au nombre d'habitants, que n'importe quelle ville de France. Il y en a certainement dans votre entourage. Comment on reconnait un intermittent ? Si on en juge par le MEDEF, c'est un privilégié, profiteur, voleur potentiel, une espèce à faire disparaître. Si on juge par les intermittents eux-même, on trouve de tout : des artistes fauchés et même pas indemnisés, d'autres indemnisés, mais difficilement, qui courent les cachets pour atteindre le nombre d'heures ouvrant des droits, d'autres encore gagnent bien leur vie (et c'est tant mieux) et d'autres encore "profitent" d'un système de façon abusive, notamment parce que leur employeur utilise ce système frauduleusement pour éviter de leur signer un CDI. Ces employeurs abusifs sont souvent des grandes entreprises comme les chaînes de radio et de télévision.

nous-montreuil : que veut dire être favorable à des primaires par rapport au problème de la démocratie et de la façon dont est désigné un président ? Est-ce que ce sont les gens déjà en place qui souhaitent réellement une transformation ?
Nous ouvrons un débat sur cette réflexion :

Voici un premier texte

Coup de gueule de François Fatoux : plutôt que de s'interroger sur le bien-fondé de l'élection présidentielle, des personnalités proposent un plâtre sur cette jambe de bois : des primaires ! Revenir à une démocratie parlementaire comme celle de nos voisins européens ne changera pas grand-chose. Au moins, il est possible de refuser le menu imposé. Bon appétit !


Tribune Politis – 25/02/2016

L’agriculture connaît une crise sans précédent. Depuis cet été, les manifestations se multiplient. Chaque mois, la situation est encore plus compliquée sur les fermes, la détresse s’installe, et la colère monte. Cette crise était pourtant largement prévisible. Elle est la conséquence d’une lente dérive de l’agriculture vers une industrialisation entamée dans les années 1960.