Comment se gère une ville ?

Qui prend les décisions, selon quels critères ?

Est-ce que quelqu’un surveille les résultat, corrige les erreurs… ?

Comment participer et influencer sur les décisions ?

A Montreuil, on peut répondre assez facilement : c’est la Maire qui décide, plus ou moins seule, après avoir écrémé de son entourage tous ceux qui n’étaient pas d’accord. Elle se définit elle-même comme « capitaine » du navire. Effectivement, un capitaine est engagé et payé par l’armateur (il n’est pas élu par les matelots), pour amener son navire à une destination précise, en rentabilisant le voyage au maximum et en assurant la sécurité jusqu’à la fin du voyage. 

Mais une ville n’est pas un navire, la Maire n’est pas payée par un armateur (on espère), il n’y a pas de destination précise, la rentabilité n’est pas l’enjeu et le voyage n’a pas de fin.

Que serait alors une ville autogérée ?

Dans une ville autogérée, les grands enjeux seraient discutés largement avant d’engager les actions qui modifient la ville, au jour le jour et pour très longtemps et qui ont un impact majeur sur nos conditions de vie.

Dans une ville autogérée, tout le monde prendrait part au processus de décision, les élus, les employés municipaux, les habitants et tous les « utilisateurs » de la ville.

Dans une ville autogérée, on analyserait l’impact des actions en continu et on pourrait corriger les erreurs à tout moment.

Dans une ville autogéré, chacun serait acteur et responsable de ses actions personnelles dans le cadre commun.

Comment ça pourrait se passer ?

Avant tout, pour devenir un acteur pertinent dans la gestion d’une ville de la taille et de la complexité de Montreuil, des formations sont nécessaires. Les élus doivent être formés, à la fois à la gestion et à la charge qui leur est confiée. Les formations des élus doivent être ouvertes, gratuitement, aux employées municipaux et aux gens de la ville intéressés.

Imaginons ensuite des groupes de travail thématiques, sur tout les sujets qui nous intéressent : travail, logement, écoles, santé, loisirs, culture, transports, propreté, etc.

Ces groupes de travail seraient constitués avec toutes les personnes impliquées et intéressées : les élus en charge du sujet, les employés municipaux concernés, les habitants intéressés, les professionnels…

Chaque sujet sera expliqué, avec toutes ses complexités et ses contraintes, y compris budgétaires. Le budget sera lui-même un des éléments du débat.

Une discussion sera engagée pour définir des objectifs communs et les moyens d’y parvenir. Tous les participants auront un pouvoir de décision. Après chaque prise de décision, les désaccords seront enregistrés comme éléments de remise en débat à la prochaine occasion.

Les groupes de travail se réuniront régulièrement, au moins une fois par mois, afin d’assurer la gestion et le suivi de leur thématique sur la durée.

Toute personne pourrait rejoindre ou quitter un groupe de travail à volonté. Les élus et les employés municipaux, eux, seront permanents dans les groupes de travail, en s’organisant au niveau de leurs emplois du temps pour qu’il y ait toujours plusieurs interlocuteurs « officiels » pour répondre aux questions techniques, rendre compte des actions engagées et assurer le suivi des travaux entre les réunions.

Parmi les participants, ceux qui ont des compétences particulières, notamment les professionnels de la thématique, pourront apporter des contributions expertes, y compris contradictoires, au-delà du simple avis d’usager.

Prenons un exemple : la piscine écologique

Dans une ville autogérée, la question de la piscine écologique serait débattue dans le groupe de travail « Sport » et dans le groupe de travail « Loisirs ».

Le groupe « Sport » analyserait les besoins de la ville en piscines pour que chacun puisse apprendre à nager, pour le confort des nageurs amateurs, des sportifs et des clubs et pour une répartition pertinente à travers le territoire de la ville.

Seraient mis en débat : le nombre de piscines, leurs tailles, leurs emplacements, leurs coûts.

Le groupe « Loisirs » analyserait les besoins de la ville en lieux récréatifs pour les enfants, les jeunes, les familles, les séniors, en été, en hiver, en prenant en compte les besoins et ce qui est déjà disponible dans les quartiers, dans la ville elle-même ou dans les alentours.

Peut-être que ce groupe trouverait qu’un grand centre de loisirs aquatiques est une nécessité et que ses travaux rejoindraient alors ceux du groupe de travail « Sport », avec une piscine qui répond à la fois aux objectifs des uns et des autres.

Peut-être que le groupe « Loisirs » trouverait plus urgent de proposer des lieux de loisir de proximité et un système de transports gratuit vers les grandes bases de loisirs pendant les vacances d’été.

Et l’écologie ? Elle serait obligatoirement prise en compte par tous les groupes de travail, comme nécessité transversale. La solution serait donc écologique, mais peut-être pas celle qui est actuellement proposée. L’écologie serait prise en compte de façon globale, y compris en étudiant l’impact sur le lieu d’implantation.

Quel que soient les décisions qui seraient prises par ces groupes, ce serait des décisions souhaitées et assumées par les gens de Montreuil.

Et les élus dans tout ça ?

Dans une ville autogérée, les élus ne sont pas des décideurs !

Les élus seraient ceux qui auraient gagné la confiance des gens pour porter leurs désirs. Ils participent aux débats, comme les autres. Ce ne sont pas eux qui animent les débats. Par contre, ils ont la charge de faire exécuter les décisions prises : ils coordonnent les travaux de leurs groupes de travails les uns avec les autres et notamment avec le groupe « Finances » ; ils dirigent les équipes municipales et les prestataires ; ils rendent compte aux groupes de travail de l’avancement des projets en cours ; ils analyse les résultats obtenus et partagent leurs informations avec leurs groupes de travail.

Et aussi, il sont révocables : s’il ne font pas correctement leur travail, s’il trahissent les décisions des groupes, ils peuvent être déchus de leur fonction et un autre élu devra les remplacer.

Pour résumer, les élus ne seraient pas des représentants, mais des référents. Ils ne seraient pas les décideurs, mais ceux qui pilotent des décisions collectives.

Tout cela n’est pas si simple, mais pas si compliqué non plus.

Qu’en pensez-vous ?

Sylvie

La ville de Grigny va bien plus loin, en gérant de façon participative 60 % du budget d’investissement de la ville. Le Maire de Grigny, René Balme, présentera sa démarche le jeudi 12 décembre, à "Comme vous émoi", 5 rue de la révolution à Montreuil (Métro Robespierre).

PS - la ville de Vitry vient de lancer une démarche, encore modeste, qui va aussi dans ce sens : http://www.jacquesperreux.fr/actualite/..html

Sylvie Rabie

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Commentaires  

0 #1 CatherineC 09-11-2013 09:53
Je viens de regarder le journal, je trouve les articles très intéressants, la manières d'entrer par mot-clé très très facile et intelligente : on ne s'intéresse pas forcément à tout.
La ville autogérée ouvre des perspectives et j'irai sans doute écouter le maire de Grigny qui est une ville très pauvre...
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