Nous vivons dans un monde bien orchestré : travail, salaire, fiches de paie, Sécurité Sociale, logement, retraite. Tout roule, tout baigne !

Tout ?

Et pourtant, il y a de plus en plus de déprime dans ce monde, des difficultés qui surgissent à tout moment, et puis à côté de nous, il y a les pauvres : ceux qui ne sont pas rentrés dans ce système qui semble rouler dans des couloirs parfaitement huilés...! 

 

Il y a l'envers du décor ! L'autre parole ! Les gens qui ne font pas comme tout le monde, qui seront considérés comme déviants, la vie parallèle à celle qui est visible ! Notre folie !

Cette folie qui prend certains d'entre nous se lançant dans des actions apparemment impossibles au départ. Cette folie nous tient « éveillés ».

Un conte souligne le caractère efficace de celui qui se tient éveillé. Il y est question tout d'abord de la parole d'un père, un roi qui dit à sa fille un jour de colère, alors qu'il l'aime plus que tout au monde « Va t'en au diable ! », et la princesse, sa fille bien-aimée, le lendemain a disparu. Seul celui qui se tient « éveillé », il dort quand même pendant 70 ans, retrouvera la princesse et la ramènera à son père. La princesse lui dit que seul peut la retrouver : « celui qui reste « éveillé ».

Il y a le train-train des gens conformes, des gens qui pensent comme il faut, comme la raison le commande, qui sont en accord avec les lois et n'en dérogent pas, et il y a ceux qui à l'autre extrême de la ligne, sont fous, qui font les choses insensées que personne ne ferait, ceux-là seuls sont « éveillés ».

Oui, notre folie, quand nous avons la chance d'être fou, nous tient « éveillé ».

Jetons un œil, tournons-nous vers ceux qui font tâche dans le décor : les Roms, les biffins...

Que nous montrent-ils ?

Que la vie est une énergie qui ne demande rien à personne et qui ne dépend d'aucune loi.

Nous, nous sommes malades du pouvoir, des lois, du fonctionnement administratif de notre société. Certes nous en bénéficions aussi, mais à quel prix, la privation de toutes nos libertés et la suppression de nos créativités.
Notre folie, c'est l'ouverture sur une échappée, sur ce qui est inédit, hors normes.

Les biffins, les Roms essaient de nous montrer quelque chose. Ils nous montrent que la vie est plus puissante que la mort, et que même dans les conditions les plus indignes, elle triomphe, elle crée…, malgré la police, malgré les lois administratives.

Il y a d'un côté l'enfermement des gens qui se coulent dans le moule de notre société, et de l'autre notre folie qui nous tient « éveillé ». Ce n'est pas pour dire que le sort des personnes en dehors du système, notre système, est enviable, mais pour affirmer qu'il n'y a pas qu'un modèle de vie et de société comme on prétendrait nous l'imposer. Il n'y a pas qu'une solution. Il y a les solutions que nous ne connaissons pas, et que beaucoup d'êtres humains, face à l'adversité, sont capables à chaque instant d'inventer. Encore faudrait-il que personne ne les décourage.

Ce sont les autres, les plus fous qui nous permettent d'être vivants, d'être attentifs à ceux qui sont différents, et qui pour quelque raison obscure, sont rejetés de notre société : ils ne sont pas formatés, ils créent à chaque instant, même si c'est au péril de leur vie.

Car ne nous faisons pas d'illusions ; les Roms, les biffins... expulsés pour les uns, pourchassés pour les autres, ces personnes en crèvent du sort qu'on leur fait subir et de notre indifférence face à leur sort.

La police censée nous protéger reçoit ses ordres d'un gouvernement que nous payons pour faire ce sale travail : rendre encore plus difficiles les conditions de vie des pauvres. Leur supprimer les rares ressources qu'ils peuvent se procurer.

Mais me direz-vous : «  Où est la créativité dans tout cela ? ».

Elle se tient dans leur FORCE DE VIE qui les pousse à innover pour vendre (les biffins) -certains vont jusqu'à vendre la nuit pour échapper aux forces de l'ordre-. Elle pousse les Roms à développer tout un savoir dans la construction de leur habitat et de son amélioration, qui leur permettent de vivre malgré toute la traque qui les démolit au fil des jours.

Oui, notre société si civilisée nous tient bien dans sa main de fer et dans ses normes administratives. N'oublions pas qu'au cours de la 2ème guerre mondiale, c'est l'administration qui a pris le relais d'un dictateur fou pour exécuter ses ordres. N'oublions pas que c'est l'administration qui entérine de façon aveugle les ordres du Président pour faire du chiffre avec les expulsions des étrangers.

Je connais beaucoup de personnes qui ne peuvent pas voir les flics, mais pourquoi je vous le demande ? Les flics ne font qu'obéir aux ordres d'une administration ou d'un chef ; on leur dirait d'embrasser les grévistes et les manifestants, ils le feraient sans doute. Tout cela pour dire que, d'un côté, il y a le pouvoir, de l'autre, ceux qui obéissent aveuglément. Les uns et les autres sont aussi dangereux.

Indépendamment, il y a ceux qui sont à l'écoute des autres et des forces vives du monde. Ceux qui restent "éveillés", attentifs, qui n'oublient pas que, à chaque instant de leur vie, tout est à reconstruire, en phase avec l'impromptu qui vient, sans qu'on le sache comment, frapper à notre porte.

Jeanne Studer

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